Bien que député libéral-radical au Grand Conseil, Fritz Glauser sepose en candid Bien que député libéral-radical au Grand Conseil, Fritz Glauser sepose en candidat indépendant. Aldo Ellena
19/11/2012

Un Fribourgeois en lice pour la présidence des paysans

Union Suisse des Paysans • Les délégués de l’USP éliront leur nouveau président mercredi. Quatre candidats portant les couleurs de trois partis différents (l’UDC, le PDC et le PLR) se disputent la fonction. Mais la carte régionale devrait peser davantage que la couleur politiq

Le poste est à prendre, et il fait envie. Mercredi, les 500 délégués de l’Union suisse des paysans (USP) réunis à Berne devront départager quatre candidats dans la course à la présidence de l’organisation. Quatre candidats portant les couleurs de trois partis différents: l’UDC (avec le conseiller national bernois Andreas Aebi), le Parti démocrate-chrétien (défendu par le conseiller national saint-gallois Markus Ritter et Josef Dissler, député au Grand Conseil lucernois, actuel vice-président de l’USP) et le Parti libéral-radical (avec le Fribourgeois de Châtonnaye Fritz Glauser, autre vice-président de l’USP).

Un mot d’ordre: rassembler

Trois partis en lice, voilà qui illustre l’attrait de la fonction. Même si, dans la dernière ligne droite, les candidats s’ingénient à gommer les aspérités pour mieux rassembler. «Ma candidature n’est pas politique», assure ainsi Andreas Aebi. «Bien sûr, la direction de l’UDC m’encourage et aurait plaisir à ce que j’obtienne le poste. Et le critère de l’appartenance politique joue dans cette élection, même si les instances de l’USP ont clairement dit qu’il ne s’agissait pas d’un critère de sélection.»

Moins modeste, le parti agrarien revendique haut et fort de conserver la présidence de l’Union suisse des paysans, occupée aujourd’hui par Hansjörg Walter. «L’UDC tente de mettre la main sur les grandes organisations économiques, à défaut d’avoir pu entrer dans les exécutifs cantonaux et d’avoir récupéré un deuxième siège au Conseil fédéral», observe Christophe Darbellay, président du PDC suisse.

«Mais il y a par tradition un tournus bien rodé entre les partis à la tête de l’USP», poursuit le Valaisan, qui tient très fort au poste. «Le décrocher renforcerait la crédibilité du PDC vis-à-vis de tout un électorat et l’aiderait à asseoir son image de parti de l’économie. La présidence de l’USP est aussi une source d’informations importante.»

L’atout régional

Selon les connaisseurs des arcanes du monde agricole, toutefois, la couleur politique des candidats ne sera pas décisive mercredi lors de l’élection. La carte régionale aura probablement davantage de poids. La Suisse orientale est ainsi alignée derrière Markus Ritter, Andreas Aebi porte haut les couleurs bernoises, alors que Josef Dissler se pose en champion de la Suisse centrale. Mais ses chances de victoire sont décrites comme très faibles.

Reste le Fribourgeois Fritz Glauser (voir ci-dessous). A quelques voix dissidentes près, l’agriculteur devrait rallier les Romands à son panache. Mais cela ne suffira probablement pas pour être élu. Les Welsches se consoleront peut-être en arbitrant la finale attendue entre Andreas Aebi et Markus Ritter. I

 

Le Fribourgeois Fritz Glauser en outsider

Dans la course à la présidence de l’Union suisse des paysans, le Fribourgeois Fritz Glauser fait figure d’outsider. Dans son fief de Châtonnaye, il motive sa candidature.

- Pourquoi faudrait-il vous élire?

Fritz Glauser: Je connais toutes les régions de Suisse ainsi que les différentes productions: j’ai travaillé la vigne à Lavaux, j’ai été actif dans l’arboriculture, je préside les céréaliers suisses et j’élève des vaches laitières. Et puis je suis disponible, contrairement à un conseiller national, dont le mandat prend 50-60% de son temps. Si je suis élu, j’abandonnerai la présidence de l’Union des paysans fribourgeois et celle des céréaliers. Et sur le domaine, mes deux fils sont prêts à prendre le relais.D’ailleurs nous serons associés dès le 1er janvier 2013.

- D’accord avec l’étiquette d’outsider?

Ce qui compte dans une course, ce n’est pas qui mène au temps intermédiaire, mais qui passe la ligne d’arrivée en premier. J’y crois donc toujours. Bien sûr, je ne suis pas conseiller national, contrairement à Andreas Aebi et Markus Ritter. Mais cela ne fait pas partie des conditions fixées par la Chambre d’agriculture (parlement de l’USP) ni par le comité de l’USP, ni même par la commission qui a préparé cette élection.

- N’est-ce pas quand même une faiblesse de ne pas siéger auParlement fédéral, où se décide la politique agricole?

Les paysans sont assez bien représentés au Conseil national. Pas besoin que le président de l’USP y siège aussi. Et si l’on veut regrouper les forces en tant que président, mieux vaut ne pas faire partie d’une force politique.

- Sauf que vous avez vous aussi une couleur politique, entant que député libéral-radical au Grand Conseil.

Le président du PLR suisse Philipp Müller ne m’a pas donné le moindre signe de soutien dans cette campagne contrairement au parti cantonal. Mon indépendance par rapport au parti suisse garantit à mon sens une meilleure défense des intérêts des agriculteurs.

- Pourquoi est-il important que ce soit un Romand qui préside l’USP?

L’alternance Romand–Alémanique a fonctionné jusqu’ici, elle doit se poursuivre. Et après le règne de Hansjörg Walter, c’est le tour d’un Romand.

- Qu’un Thurgovien d’origine serve de champion des Romands, c’est assez cocasse!

Vous savez, en 1992, lors de la votation sur l’Espace économique européen, trois citoyens seulement ont voté oui dans mon village de Thurgovie: mon père, ma mère et moi. Les gens de là-bas me disaient alors que si je n’étais pas content, je n’avais qu’à aller voir chez les Romands!

- La politique agricole 2014/2017 est-elle acceptable pour vous?

Le système actuel n’est pas si mauvais, je ne comprends donc pas très bien pourquoi il fallait le changer. On fera avec. Mais cette politique agricole ne résout pas le principal problème des paysans suisses, soit l’insuffisance de leurs revenus.

- Donc c’est une mauvaise politique?

Je crois, oui. Mais nous sommes trop avancés pour la rejeter. Nous n’aurions plus rien, plus d’enveloppe financière définie.

- Vos priorités si vous êtes élu?

Globalement, beaucoup de choses marchent bien à l’USP. Je mettrais par contre plus de poids sur les marchés, en essayant de resserrer les liens au sein des différentes filières.

 

BIO EXPRESS

FRITZ GLAUSER

> Naissance le 12 août 1961, en Thurgovie.
> Exploite depuis 1994 un domaine de 34 hectares à Châtonnaye (Glâne), qui sera reconverti en bio dès le 1er janvier 2013.
> Marié, père de quatre enfants adultes (deux filles, deux garçons travaillant avec lui sur l’exploitation).
> Mandats agricoles: président del’Union des paysans fribourgeois et de la Fédération suisse des producteurs de céréales, vice-président de l’Union suisse des paysans.
> Mandats politiques: député libéral-radical au Grand Conseil fribourgeois depuis 2006.

serge gumy

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