La Liberté - Quotidien romand édité  Fribourg
Le premier Groupe d'Action CO2 de Suisse se constitue ce soir à Attalens
Dossier RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - ENVIRONNEMENT - paru le 28.10.2008

ÉNERGIE• S'inspirant d'un modèle anglais, Laurent Horvath lance ce soir un groupe de motivation. Objectif: changer les habitudes, pour faire face à l'avenir.


«Je ne suis pas un écolo de la première heure. Juste un citoyen ordinaire qui suit l'évolution des prix de l'énergie. Et qui ne peut pas rester les bras croisés, alors que tous les signaux sont au rouge. Il faut agir!» Résultat: le Valaisan Laurent Horvath, 41 ans, lance ce soir à Attalens le tout premier Groupe d'Action CO2 de Suisse. Une formule inspirée d'un mouvement similaire né voilà deux ans en Angleterre.
Les membres d'un tel groupe (5 à 15 personnes) se réunissent plusieurs fois par an pour réduire leurs factures d'électricité, de chauffage et de transport. «Presque 80% des émissions privées proviennent de ces trois postes. C'est là que résident les plus grandes chances d'économiser», souligne Laurent Horvath. Grâce à des outils de conversion standard, les membres calculent leur production annuelle de CO2. Le groupe fixe ensuite un taux de réduction (entre 1 et 7%) à atteindre l'année suivante. Un système d'amende peut être établi, sur décision des membres.
«L'idée, c'est que le groupe fournit une motivation supplémentaire», poursuit Laurent Horvath. «Il crée une émulation. Il donne aussi une dimension ludique et éducative appréciée par les familles. On peut échanger des expériences et des tuyaux. On peut aussi effectuer des achats groupés, ne serait-ce que pour des ampoules économiques, des panneaux solaires ou des souris-interrupteurs...»
Adaptation urgente
«On gaspille énormément sans s'en rendre compte», confie Laurent Horvath, qui s'est lui-même pris au jeu des économies depuis quelques mois, en solo. «J'évite de prendre l'avion pour des destinations comme Paris, et j'ai remarqué que le train est finalement plus rapide. J'ai aussi posé les plaques de ma voiture pendant trois mois, pour voir. J'arrive maintenant à m'en passer un peu plus.» Et le Valaisan d'énumérer d'autres mesures plus légères et très efficaces, comme baisser le chauffage d'un degré ou préférer une douche à un bain.
Pour lancer le mouvement, le quadragénaire a mis sur pied un site et animera le premier groupe. «Je prendrai ce rôle de moteur tant que le mouvement restera à ma taille. Chacun peut ouvrir un nouveau groupe. C'est simple, il suffit d'un petit peu d'énergie. J'espère que nous verrons bientôt des groupes autonomes à Fribourg, à Lausanne, un peu partout. En Angleterre, on en compte déjà plus d'une trentaine. Ici, tous ceux à qui j'en ai parlé se sont montrés enthousiastes. En fait, les gens sont très en avance sur les hommes politiques. Ils ont envie d'agir.»
Un enjeu économique
C'est que l'enjeu n'est pas seulement planétaire et écologique, mais aussi économique et adaptatif, souligne Laurent Horvath. «Je prends un exemple. Ma mère a 72 ans. On lui a conseillé récemment de prendre un chauffage à mazout pour remplacer son ancienne chaudière. Elle paie maintenant l'équivalent de 4 mois de sa rente AVS pour acheter son mazout. Je trouve ça effrayant. J'aimerais ne jamais me retrouver dans cette situation. Si nous voulons maintenir notre confort de vie actuel, nous devons changer.»

Réunion d'information ce soir à 19 h 30 à l'Hôtel-de-Ville d'Attalens.
Plus d'infos sur www.societe2000watts.com.
ST�PHANE SANCHEZ