Dès la sortie du souterrain, j’étais fixé: il allait falloir ouvrir l’œil. Un projectile passe au-dessus de ma tête. Premier coup de semonce… Tous les sens en alerte, je contourne un groupe d’assaillants et fonce vers l’automate à billets, slalomant entre les impacts. L’automate met une plombe à cracher mon billet et l’abribus porte bien mal son nom. Dans mon dos, le combat fait rage. Les snipers postés en retrait redoublent d’efforts: deux bus viennent de déverser leur flot de cibles potentielles, qui ripostent. Feu nourri. Des protagonistes sont touchés dans les deux camps, c’est le carnage. Et mon bus qui n’arrive toujours pas. Je ne dois qu’à mon instinct de survie et à un mouvement de hanches que n’aurait pas renié un danseur de hula hoop de m’en tirer indemne. Mon bus déboule enfin, ma Zone verte à moi, seul moyen d’échapper à cet enfer blanc. Je saute à l’intérieur sous une pluie de projectiles immaculés. Sauvé! Ouf, j’ai survécu à ce coupe-gorge qu’est l’arrêt de bus du CO de Marly un jour de neige... AN