Voici encore un élément moins connu du grand public, un métal qui porte le numéro 23 du tableau périodique, et le symbole V. Son nom vient de la déesse germanique de la beauté et de la fertilité, Vanadis (Freya) – et en effet, les composés du vanadium sont souvent très colorés et donc beaux à voir. Même si c’est un élément fréquent, on ne le trouve pas souvent en haute concentration. C’est ainsi que l’élément a été découvert une première fois en 1801 par Andrés Manuel del Rio, chimiste espagnol, dans des minerais de plomb au Mexique. Mais Alexander von Humboldt et le chimiste français H. V. Collet-Descotils ont critiqué cette découverte, croyant que ces composés provenaient du chrome; 29 ans plus tard, le Suédois Nils Gabriel Sefström redécouvre l’élément dans des minerais de fer, et Friedrich Wöhler en Allemagne porta preuve à cette découverte.
Le chimiste anglais Henry Enfield Roscoe, qui avait fait des études avec Robert Bunsen à Heidelberg en Allemagne, fut en 1867 le premier à isoler le métal lourd pur. Ses recherches sur cet élément lui amenèrent par la suite le titre de noblesse de chevalier. En 1903 commença l’industrialisation du vanadium lors de la fabrication d’acier, soutenue par la demande accélérée par l’industrie de l’automobile poussée par Henry Ford aux Etats-Unis. Aujourd’hui, on extrait environ 60000 tonnes de minerai de vanadium par an pour en faire le métal, à 90% mélangé avec le fer pour en faire des aciers.
Les aciers au vanadium se caractérisent par une bonne résistance et sont donc utiles dans la construction de bâtiments et la fabrication d’outils. On peut aussi en faire des ressorts ou des hélices dans les propulsions des aéronefs.
Vu sa fréquence sur Terre, il n’est pas surprenant que la nature l’utilise aussi. Dans les plantes, le vanadium joue un rôle indirect dans la photosynthèse. Quelques bactéries possèdent des enzymes pour fixer l’azote de l’air qui contiennent du vanadium. Des algues et des lichens en contiennent aussi, sans que son rôle soit très clair à présent. Dans l’être humain, le vanadium peut réguler l’absorption de glucose dans le foie, il stimule la glycolyse et inhibe la néoglucogenèse. Ainsi, le taux de glucose dans le sang diminue. La recherche actuelle est en train d’évaluer les composés au vanadium pour le traitement du diabète de type II. Pour les adeptes du Heavy Metal, allez trouver le groupe rock du nom de cet élément…
Professeur Katharina Fromm
Voir notre dossier: ÉLÉMENTAIRE