La Liberté

12.08.2017

Fin de série pour Mo Farah

Mo Farah à terre, cette fois © KEYSTONE/EPA/DIEGO AZUBEL
Mo Farah à terre, cette fois © KEYSTONE/EPA/DIEGO AZUBEL


12.08.2017

Mo Farah est tombé. Six ans après sa dernière défaite au plan planétaire, le sextuple champion du monde et quadruple champion olympique (5000 et 10'000 m) a été battu en finale du 5000 m des Mondiaux.

L'Ethiopien Muktar Edris a déboulonné l'icône en s'imposant en 13'32''79, à Londres.

Farah, pour sa dernière course sur piste en Championnat, repart avec la médaille d'argent (13'33''22). Le Britannique n'a ainsi pas réussi la sortie légendaire qu'il ambitionnait, lui qui va désormais se tourner vers le marathon, à 34 ans. Comme Usain Bolt une semaine plus tôt, celui que maints spécialistes taxaient d'imbattable a trouvé son maître en la personne du discret Ethiopien Edris, vainqueur à Athletissima il y a un mois.

A 23 ans, l'ancien champion du monde juniors décroche ses premiers grands lauriers sur piste. L'an dernier, il avait été disqualifié en finale des JO. Mais cette fois, il a battu Farah à son propre jeu: le finish d'un grand Championnat, un exercice dans lequel Farah n'avait plus perdu depuis la finale des Mondiaux 2011 à Daegu, en Corée du Sud, sur 10'000 m cette fois. C'était déjà un Ethiopien, Ibrahim Jeilan, qui lui avait alors fait mordre la poussière.

Depuis, Farah était resté invaincu dans tous les rendez-vous majeurs et avait résisté à toutes les tactiques, et même à une chute l'an dernier aux Jeux. Mais la course d'équipe et la hargne des Ethiopiens ont eu raison de lui. Edris a émergé dans une course où il pouvait compter sur la présence de ses compatriotes Yomif Kejelcha (4e) et Selemon Barega (5e). Sa dernière ligne droite fut ahurissante, en conclusion d'une finale courue pendant 3000 m sur un rythme de Championnat de Suisse, à peine.

Derrière Farah, l'Américain d'origine kényane Paul Chelimo a pris le bronze. Ceux qui ont eu la peau de Mo Farah ont eu le mauvais goût d'assortir leur triomphe de mimiques inutiles. A l'arrivée, Edris s'est moqué de Farah en imitant son geste (les deux mains sur le crâne), suivi d'une grimace sarcastique. Et au départ, dans un registre très guerrier, Chelimo s'était lancé dans une même imitation, assortie d'un geste sans équivoque indiquant qu'il voulait trancher la gorge du Britannique.

Farah lui-même, très attristé, est resté digne dans la défaite.

ats

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