La Liberté

01.10.2020

L'opposant Navalny accuse Poutine et promet de rentrer en Russie

L'opposant Alexei Navalny a promis qu'il rentrerait en Russie (Archives). © KEYSTONE/AP
L'opposant Alexei Navalny a promis qu'il rentrerait en Russie (Archives). © KEYSTONE/AP
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01.10.2020

L'opposant russe Alexeï Navalny accuse le président Vladimir Poutine d'avoir commandité son empoisonnement. Il promet de retourner dans son pays pour poursuivre son combat.

"J'affirme que Poutine est derrière cet acte, je ne vois pas d'autres explications", a-t-il déclaré à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui a publié jeudi matin un long entretien avec l'opposant. C'est son premier depuis sa sortie de l'hôpital berlinois où il a été soigné.

A Moscou, le président de la chambre basse du parlement, la Douma, l'a en retour accusé de travailler pour des services secrets occidentaux, et affirmé que Vladimir Poutine lui avait "sauvé" la vie". "Navalny n'a aucune honte, c'est un scélérat", a déclaré dans un communiqué Viatcheslav Volodine.

Ces propos de l'opposant russe interviennent alors que les dirigeants des pays européens se réunissent jeudi en sommet et que la question de la réponse de l'UE à la Russie dans cette affaire pourrait être abordée.

L'Allemagne, qui assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, a menacé Moscou de sanctions. Et la chancelière Angela Merkel est allée personnellement rendre visite à Alexeï Navalny à l'hôpital de La Charité où il a été soigné pendant un mois.

"Pas peur"

Depuis sa sortie il y a une semaine, Alexeï Navalny, 44 ans, vit à Berlin avec son épouse Yulia et son fils, a-t-il dit au Spiegel, le temps de sa convalescence qui risque d'être longue. Mais il a signifié sa détermination de retourner dans son pays dès qu'il sera remis.

"Je ne ferai pas le cadeau à (Vladimir) Poutine de ne pas retourner en Russie", a-t-il déclaré. "Mon objectif est de retrouver la forme aussi vite que possible, pour pouvoir rentrer".

"Ne pas rentrer signifierait que Poutine a atteint son objectif", a-t-il ajouté, affirmant: "Mon devoir est à présent de rester comme je suis, quelqu'un qui n'a pas peur. Et je n'ai pas peur!"

Infatigable militant de la lutte contre la corruption et critique féroce du Kremlin a fait un grave malaise le 20 août à bord d'un avion de retour de Sibérie. Trois laboratoires européens ont conclu à son empoisonnement avec un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à des fins militaires à l'époque soviétique.

Appels à enquêter

Les capitales occidentales ont dès lors appelé la Russie à s'expliquer et à enquêter. Moscou rejette toutes les accusations.

Dans le Speigel, M. Navalny raconte avoir senti que quelque chose n'allait pas et relate un échange avec sa conseillère. "J'ai des sueurs froides. Je demande un mouchoir à Kira à côté de moi. Puis je lui dis: "Parle-moi. J'ai besoin d'entendre une voix, quelque chose ne va pas chez moi". Elle me regarde comme si j'étais fou et se met à parler".

"Je quitte les toilettes, me tourne vers le steward - et au lieu de demander de l'aide, je dis à ma propre surprise: "J'ai été empoisonné. Je suis en train de mourir". Et puis je me couche par terre devant lui pour mourir", raconte-t-il encore.

Le Kremlin a affirmé qu'il était "libre" de rentrer en Russie. Mais, en parallèle, des huissiers russes ont gelé des comptes et la part détenue par M. Navalny de son appartement à Moscou lorsqu'il était dans le coma après son empoisonnement présumé.

Selon la porte-parole de l'opposant, ces nouvelles décisions de justice sont liées à un contentieux opposant un homme d'affaires sulfureux, réputé proche du Kremlin, Evgueni Prigojine, à M. Navalny et l'une de ses alliées, Lioubov Sobol.

ats, afp

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