Un smartphone prévu pour durer

Aisément réparable, le Fairphone 2 pourrait avoir une durée de vie bien plus importante que celle d’un autre smartphone. © Fairphone
Aisément réparable, le Fairphone 2 pourrait avoir une durée de vie bien plus importante que celle d’un autre smartphone. © Fairphone


28.12.2015

Fairphone 2 • Cet appareil «équitable», très attendu après le succès du premier modèle, convainc par sa conception modulaire où un élément défaillant peut facilement être remplacé.

Thierry Raboud

On en était restés au stade de l’intention louable avec le Fairphone 1. Un smartphone labellisé «équitable», dont le fabricant affirmait notamment se fournir en minerais extraits de manière responsable (en République démocratique du Congo), tout en garantissant des conditions de travail dignes aux employés de son usine chinoise. Une première tentative remarquée, pour un appareil aux caractéristiques techniques encore loin d’être affriolantes. Fort de son succès, le fabricant néerlandais a planché sur un nouveau modèle, le Fairphone 2. «La Liberté» a pu obtenir un exemplaire de test alors que les premiers appareils, très attendus, sont livrés en Suisse depuis quelques jours seulement.

Un smartphone en tout point convaincant: moderne, mais aussi responsable et réparable. Réparable? Oui, et c’est la grande prouesse de ce téléphone, à l’heure où les autres fabricants continuent de proposer des smartphones verrouillés, bons pour la casse dès lors qu’un composant vient à défaillir… et donc condamnés à une obsolescence rapide. Le site iFixit, qui met à disposition des guides de réparation pour tout type de matériel électronique, a, pour la première fois, attribué la note de «réparabilité» maximale de 10/10 au Fairphone 2, là où le récent Google Nexus 6P, «très difficile à ouvrir sans endommager le téléphone», s’est par exemple vu attribuer un médiocre 2/10.

Car tout est fait pour inciter l’utilisateur à ouvrir ce téléphone et à en remplacer lui-même, au besoin, les composants défaillants. Le manuel d’utilisateur détaille la marche à suivre. Il suffit tout d’abord d’enlever la coque arrière, sur laquelle est gravée l’indication «designed to open», pour se retrouver face à la batterie, facilement amovible, et à deux petits leviers bleus qui désolidarisent l’écran. L’expérience est impressionnante. L’écran est enlevé en quelques secondes, et peut être remplacé avec une facilité déconcertante par un écran de rechange, proposé par le fabricant. Sous l’écran, on découvre un ensemble de modules dont la fonction est désignée par un pictogramme (appareil photo, haut-parleur, microphone, etc.); les vis pour les détacher sont aisément accessibles et ne requièrent aucun outillage complexe. Chaque élément est prévu pour être remplacé à bas coûts par un même module ou, à l’avenir, par un module plus performant.

Promesse d’évolution

Quiconque a déjà tenté de réparer un smartphone sera impressionné par l’architecture modulaire de ce téléphone novateur, promis à une meilleure durée de vie que les appareils habituels - pour autant que le fabricant tienne ses engagements et assure un suivi convaincant. On ne peut que saluer cette modification radicale dans la conception (le PuzzlePhone ou l’Ara Project de Google, basés un même principe de modularité, devraient suivre courant 2016). D’autant qu’elle ne péjore ni les performances, ni l’ergonomie de l’appareil - certes, pas des plus élégants: épais et doté d’une coque en plastique même si cette dernière, débordant sur l’écran, semble efficace pour le prémunir contre les chocs.

Smartphone évolutif

Pour le reste, le Fairphone 2 correspond aux attentes d’un appareil milieu de gamme. Le système d’exploitation Android 5.1 est livré avec une surcouche maison minimaliste et efficace, et un panel restreint d’applications issues de l’écosystème Google sont préinstallées. On regrettera l’appareil photo un peu juste (8 mpx) et la batterie faiblarde (une petite journée d’autonomie), en espérant que la promesse d’un smartphone évolutif sera rapidement tenue, sur ces éléments en particulier. A noter aussi que l’appareil est livré sans chargeur, le fabricant partant de l’idée que les utilisateurs en ont déjà un qui traîne dans un tiroir…

Reste le prix: 525 €, un tarif élevé, potentiellement rédhibitoire, que le fabricant justifie par les surcoûts liés aux investissements responsables et au contrôle de la chaîne de production. Le prix à payer pour un smartphone 100% «équitable»? Evidemment, on en est encore loin, plus de 30 minerais rares étant encore indispensables à sa construction… Mais c’est un pas, le second, dans la bonne direction. I

Épais, cher, mais réparable

> Prix 525 € (alors que le Fairphone 1 était proposé à 325 €).

> Caractéristiques Le Fairphone 2 tourne sous Android 5.1 (Lollipop), est doté d’un écran de 5 pouces full HD, de 32 GB de stockage, de l’espace pour deux cartes SIM.

> Design Des coques de différentes couleurs sont proposées, qui protègent l’appareil mais le rendent relativement épais (11 mm, contre 6,9 pour un iPhone 6).

> Pièces de rechange le fabricant annonce des prix séduisants (87 € pour un écran, 35 € l’appareil photo, 27 € le bloc audio, par exemple).

> Un démarrage canon Quelque 23 000 appareils doivent être livrés ces prochains jours, principalement en Allemagne et en Suisse, annonce le fabricant, qui prévoit d’en écouler 140 000 exemplaires par an.

> A commander sur www.fairphone.com

TR

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