Il y a dix ans les CFF supprimaient les wagons fumeurs
Tabagisme • Vendredi, cela fera dix ans qu'on ne fume plus dans les trains en Suisse. Les CFF ont introduit l'interdiction de fumer dans les wagons en même temps que le nouvel horaire en décembre 2005. Beaucoup de fumeurs s'étaient alors plaints. Certains avaient même menacé de reprendre la voiture...
ATS
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L'annonce en juin 2005 avait fait sensation: les CFF voulaient interdire la fumée dans les trains. Beaucoup de non-fumeurs le réclamaient. Renoncer à la cigarette était devenu une mode de société. Une grande majorité des voyageurs souhaitaient des trains non-fumeurs, argumentaient les CFF.
Certains fumeurs préféraient même s'asseoir dans les compartiments non-fumeurs - soit parce qu'ils voyageaient avec des non-fumeurs, soit parce que même pour eux l'air était tellement vicié qu'il coupait littéralement le souffle. Si des écoliers et des recrues étaient dans le train, l'odeur sucrée du cannabis était parfois de la partie.
De plus, les compartiments fumeurs n'étaient utilisés qu'à 25% à l'époque. En moyenne, une seule personne prenait place dans un compartiment à quatre.
«Nombre important» de réclamations
Les CFF avaient déjà remarqué depuis plusieurs années que les compartiments fumeurs étaient de plus en plus impopulaires. Ils avaient réduit le nombre de places fumeurs en 2000. Jusque-là, la moitié des places leur étaient réservées. Entre 2000 et la suppression des wagons fumeurs en 2005, les CFF ramenaient encore ce taux à 20%.
A l'annonce de leur décision, en juin 2005, de supprimer complètement la fumée dans les trains, les CFF ont dû faire face à un nombre important de réclamations, surtout de la part des fumeurs. Même quelques non-fumeurs ont critiqué la décision, par solidarité envers les fumeurs qu'ils estimaient discriminés.
«Certains ont eu des difficultés»
Les usagers ont menacé par lettre de reprendre leur voiture. Une manière de réagir qu'ils réitèrent à chaque fois que les CFF veulent changer quelque chose, selon l'ex-régie fédérale.
L'organisation ProBahn, qui réunit les usagers des chemins de fer, a aussi été critiquée pour son soutien explicite à l'interdiction de fumer. Quelques membres ont quitté l'organisation avec grand fracas, a dit Edwin Dutler à l'ats.
Les cheminots avaient des doutes quant aux réactions des usagers. «Nous attendions plus de discussions et d'infractions», a indiqué la porte-parole des CFF Franziska Frey. Les amendes de 25 francs n'ont été que rarement infligées. Après quatre mois, l'interdiction était observée.
Les WC comme fumoir
Aujourd'hui encore quelques récalcitrants utilisent les toilettes comme fumoir. Il arrive aussi que l'un ou l'autre allume parfois une cigarette, s'il est ivre ou en groupe.
Pour M.Dutler de Pro Bahn, l'introduction tardive de l'interdiction de fumer est un exemple qui montre qu'en Suisse «on tient souvent compte des minorités extrêmes». L'interdiction aurait pu être appliquée beaucoup plus tôt, d'après lui, comme cela s'est fait dans les pays voisins. Cela d'autant plus que «fumer dans le train est une chose qu'on ne peut plus s'imaginer actuellement».
Fumer est toujours permis sur les quais
Les CFF ne prévoient pas d'autres restrictions pour les fumeurs. Les quais resteront un espace ouvert à tous. Il n'est pas envisagé d'introduire des «zones fumeurs» comme en Allemagne. Dans un sondage des CFF, deux tiers des personnes interrogées s'estiment satisfaites de la situation actuelle.
La cigarette reste quand même un thème de discussion pour les CFF. Depuis que fumer est interdit dans les trains, les passagers tirent sur leur clope jusqu'au dernier moment et la jette sur les rails. Or le nettoyage des voies est un travail manuel pénible qui coûte chaque année environ quatre millions de francs aux CFF.
A contrario, les CFF ont moins à nettoyer à l'intérieur. Contactée, l'ex-régie fédérale n'a pas voulu articuler de chiffre concernant les économies sur les frais de nettoyages. Le montant avait été estimé à 2 millions de francs par an en 2006.