résultats 2011 • La Banque cantonale de Fribourg a réalisé l’an dernier un 18e exercice record consécutif.Ce bilan flatteur est notamment dû au boom démographique du canton et donc des crédits hypothécaires.
«Ce sont les derniers comptes sous mon règne.» Albert Michel a quitté au 31 décembre la présidence de la direction générale de la Banque cantonale de Fribourg (BCF) pour celle du conseil d’administration, mais il tenait évidemment à présenter lui-même les résultats que l’établissement a affichés en 2011, sous son égide. D’autant plus qu’ils sont excellents, la BCF réalisant un nouvel exercice record, le 18e consécutif. Le bénéfice brut progresse ainsi à 164 millions de francs (+10,1%), le bénéfice net se chiffrant quant à lui à 107,6 millions.
Le bilan franchit pour la première fois le seuil des 14 milliards de francs (14,425 milliards, soit +10,3%). Forte de ces chiffres, la BCF a ainsi pu reverser – notamment sous forme d’impôts – 50 millions de francs au canton, communes et paroisses.
«Mais ce dont je suis le plus fier, c’est le ratio coût/revenu, qui mesure l’efficacité des banques. Il s’établit à 33% (contre 34,9% un an auparavant), ce qui en fait tout simplement le quotient le plus bas des 174 banques de détail de Suisse. Il démontre une très bonne progression des revenus et une parfaite maîtrise des coûts», note Albert Michel.
Devant ces bons résultats, l’homme ne masque pas sa satisfaction. Il est vrai que celle-ci est légitime. L’évolution de la BCF, ces deux dernières décennies, est spectaculaire, avec un bilan qui passe de 5 milliards et demi de francs en 1990 à 14 milliards et demi en 2011, le bénéfice net bondissant de 58,8 millions de francs à 107,6 millions.
Jusqu’où la banque peut-elle progresser? Le désormais président du conseil d’administration, décidément lyrique, cite un proverbe tibétain: «Quand tu as atteint le sommet de la montagne, continue de grimper.» Mais il poursuit aussitôt avec un autre dicton (de sa propre composition?): «Ne grimpe pas trop près du Bon Dieu, il pourrait secouer l’arbre.» Cela pour signifier que la BCF doit poursuivre ses objectifs de croissance, mais de façon raisonnée. Plus prosaïquement, il imagine qu’elle pourrait accroître son bilan de 400 à 500 millions de francs par an ces prochaines années. «Ce serait déjà excellent.»
En 2011, la BCF a enregistré 8500 nouveaux clients. «Les entreprises basées à l’extérieur du canton sont toujours plus nombreuses à nous aborder», relate Albert Michel. Pour autant, l’établissement ne va pas se lancer dans une prospection active au-delà des frontières. Cela ne se fait pas, en vertu d’un «gentlemen’s agreement» qui existe entre les banques cantonales. En revanche, il ne va évidemment pas se gêner de répondre à ces sollicitations externes qui ne cessent de croître.
La BCF est clairement numéro un sur le marché fribourgeois, détenant 40% de ce dernier dans le domaine de l’épargne et 36% dans celui des crédits. Elle profite bien sûr du boom démographique que connaît le canton, qui se traduit par un fort développement de la construction, et donc des prêts hypothécaires.
A ce propos, Albert Michel ne craint pas le risque d’une bulle immobilière sur les bords de la Sarine. «Les prix des immeubles ont augmenté, mais ils restent raisonnables. La situation actuelle n’a rien à voir avec celle de la fin des années 1980. C’est une réponse à la forte demande, il n’y a pas de spéculation.»
Les collaborateurs de la banque sont des gens heureux. Une enquête de satisfaction, menée de façon anonyme par un institut vaudois, révèle que 96% d’entre eux sont satisfaits de leurs conditions de travail. Un score quasi stalinien, obtenu, selon le président du conseil d’administration, par le fait que les dirigeants sont à leur écoute. «C’est pour cela que la banque fonctionne bien.»
La BCF compte actuellement 436 collaborateurs, dont plus de la moitié de femmes (215). La parité ne se retrouve toutefois pas au niveau des cadres, vu qu’elles ne sont que 16 sur 126. L’explication est classique: ce sont elles qui, le plus souvent, demandent des temps partiels pour pouvoir s’occuper des enfants.
Concernant les perspectives pour 2012, le nouveau directeur général, Edgar Jeitziner, se montre confiant. On vise clairement un 19e exercice record consécutif l’an prochain et un 20e dans deux ans.
Cette année, la BCF ouvrira une nouvelle succursale à Cottens, et rénovera celle de Courtepin. Elle veillera également à maintenir élevés ses fonds propres, qui atteignent actuellement 1,287 milliard de francs. Soit un taux de couverture de 212%, qui pourrait toutefois baisser à l’avenir en raison des nouvelles normes de l’autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA). I
«Les problèmes informatiques sont résolus. Ce n’était pas de notre faute, mais nous sommes contents que ça soit terminé», note Edgar Jeitziner, directeur général de la BCF. Le fonctionnement de la Banque cantonale de Fribourg a en effet été perturbé dernièrement par de grosses pannes du système informatique, dues à un problème de hardware dans un centre de calcul de Swisscom IT Service, basé à Zollikofen (BE). Cette filiale du géant bleu propose des solutions de services bancaires à différents établissements, dont la BCF. Les pannes qu’elle a connues ont occasionné différents désagréments dans les services de la BCF. «Aujourd’hui, tout est réglé. Mais nous avons demandé un audit externe pour vérifier que tout est en ordre. Il sera bien sûr payé par Swisscom», conclut Edgar Jeitziner.