Rassemblés sur un ticket à quatre pour le Conseil d’Etat, le Parti socialiste et les Verts ont scellé leur rapprochement avec une plateforme commune de gouvernement. Les trois ministres Anne-Catherine Lyon (ps), Pierre-Yves Maillard (ps) et Béatrice Métraux (Verts) et leur colistière Nuria Gorrite (ps) ont décliné hier les quarante propositions de cet accord. L’objectif des deux formations est d’utiliser la marge de manœuvre financière du canton pour mener une politique axée sur l’investissement et le soutien au pouvoir d’achat, tout en respectant l’équilibre budgétaire.
Dans l’hypothèse, probable, où le canton continue à engranger plusieurs centaines de millions d’excédents annuels, le coût des réalisations envisagées «reste largement en dessous de cette marge de manœuvre», a précisé Pierre-Yves Maillard, sans toutefois chiffrer le projet rose-vert.
Le logement constitue une priorité absolue pour la coalition, qui escompte faire passer de 3200 à 5000 le nombre de nouveaux logements par an. Elle prévoit en outre la construction de 7000 logements d’utilité publique pour la prochaine législature. Comment y parvenir? En misant sur une politique incitative à l’égard des communes, avec l’introduction d’un droit de préemption, une augmentation du coefficient d’utilisation des sols et une simplification des procédures administratives. Autre instrument envisagé pour décourager la thésaurisation des terrains constructibles: l’introduction d’une redevance sur les plus-values foncières.
«Nous n’excluons pas la possibilité que le canton acquière lui-même des terrains», a aussi déclaré Béatrice Métraux. Dans ce cas de figure, l’Etat mettrait ces surfaces à disposition sous forme de droit de superficie, pour permettre la création d’habitations à loyer modéré. La gauche veut aussi intervenir en faveur du pouvoir d’achat des familles. Proposition phare: une réduction de 30% des primes d’assurance-maladie pour tous les enfants du canton. Evaluée à 30 millions de francs, cette mesure serait facilement et rapidement applicable, a souligné Pierre-Yves Maillard. A moyen terme, les allocations familiales seraient aussi augmentées de 50 francs. En matière de fiscalité, priorité serait donnée aux classes moyennes via des rabais ciblés sur la facture d’impôts.
Le programme écolo-socialiste prévoit également la fixation d’un salaire minimum de 4000 francs dans le secteur public et parapublic et chez les prestataires mandatés par l’Etat. Au chapitre du personnel, proposition est faite d’engager «à court terme» 100 gendarmes supplémentaires. L’inspectorat du travail obtiendrait 20 agents de plus.
Emploi et formation constituent un autre volet important du projet, qui met l’accent sur les jeunes et les adultes sans qualifications. A destination des premiers, la création de 4000 nouvelles places d’apprentissage et d’une deuxième école des métiers avec encadrement renforcé (COFOP) est avancée. Pour les seconds, une extension du programme de réinsertion FORJAD devrait notamment permettre l’acquisition d’un CFC. «Il s’agit de développer de manière beaucoup plus résolue la valorisation des acquis d’expérience», a expliqué la ministre de la formation Anne-Catherine Lyon, qui a relevé la difficulté à s’insérer sur le marché de l’emploi sans diplôme.
L’essor des énergies renouvelables, l’intensification des cadences du RER vaudois et «une politique de transparence et d’équité pour le financement des projets d’agglomérations» figurent aussi en bonne place dans le programme commun. La mise en œuvre de ces objectifs serait toutefois compliquée si d’aventure la gauche confirmait sa récente majorité au Conseil d’Etat tout en restant minoritaire au Grand Conseil.I
Voir notre dossier: ÉLECTIONS CANTONALES VAUDOISES 2012