conseil des états • Les propos tenus lors du congrès socialiste, jeudi soir, n’ontévidemment pas échappé aux radicaux fribourgeois. Qui ont réagi hier avec énergie.
Etait-ce bien inspiré que d’attaquer le radical Jacques Bourgeois, candidat au Conseil des Etats, sur sa passion du sport? Jeudi soir, lors du congrès des socialistes fribourgeois (notre édition d’hier), les ténors du parti ont bien balancé sur le conseiller national: «Comme président du parti socialiste suisse, Christian Levrat défendra bien mieux qu’un cycliste Fribourg à Berne», a osé David Bonny, président du PS cantonal. Même le conseiller national Jean-François Steiert s’y est mis: «Les centaines d’heures passées par son concurrent à faire du sport permettraient certainement à Christian Levrat de diriger un deuxième parti.»
La réaction des radicaux n’a évidemment pas tardé. «Le congrès du Parti socialiste fribourgeois a été l’occasion pour les camarades d’attaquer Jacques Bourgeois avec des arguments de fond. Ainsi, il ferait trop de sport et passerait trop de temps sur son vélo. Les cyclistes de notre canton apprécieront. Face à la pertinence de cet argumentaire, le Parti libéral-radical (PLR) se pose quelques questions sur le sérieux du PS fribourgeois à qui les récents succès ont visiblement donné le melon», assène le parti dans un communiqué diffusé hier.
Le PLR s’étonne d’ailleurs que l’une des attaques soit venue de Jean-François Steiert «qui en connaît un rayon sur le sujet puisqu’il est lui-même président de la Section fribourgeoise de Pro Vélo. La mobilité douce, thème cher à la gauche, serait apparemment en perte de vitesse.»
Enfin, que penserait le conseiller aux Etats Urs Schwaller (dc) de ce genre d’attaque, lui qui pratique la course à pied tous les matins, demande le PLR. «Sans oublier Alain Berset, nouveau ministre de la Santé, sans doute bien décidé à prôner un peu de sport à la population suisse pour diminuer la nervosité et les problèmes cardiaques.» Bref, à ce stade, le PLR préfère en rire dit-il.
En décochant: «Les socialistes feraient bien de veiller à l’assiduité de leur candidat Christian Levrat. Le site politique politnetz.ch nous apprend ainsi que, durant la session d’hiver 2011, Jacques Bourgeois a été présent sur 100% des votes importants alors que Christian Levrat en a manqué 15%. Il ne s’est ainsi pas prononcé sur des sujets pourtant décisifs comme les dispositions pénales contre les chauffards ou les mesures visant à garantir une meilleure compatibilité des initiatives populaires avec les droits fondamentaux. L’histoire ne dit pas si Christian Levrat était justement en train de faire du vélo.»
Président du PLR fribourgeois, Jean-Pierre Thürler n’a pourtant pas trop le cœur à rire. «Les dirigeants socialistes font preuve d’une certaine arrogance et d’une légèreté. Je ne sais pas si c’est de la maladresse, mais certains propos ne sont pas adaptés. Ils ne sont pas en adéquation avec le sérieux d’une campagne au Conseil des Etats. On est en campagne, d’accord;on peut ironiser, d’accord. Mais il faut quand même que ça reste dans une certaine correction. Il y a des limites à ne pas franchir.» Jean-Pierre Thürler a évidemment contacté Jacques Bourgeois:«Il a réagi avec une certaine philosophie.»
Ruedi Vonlanthen aussi a été attaqué. Si Jacques Bourgeois accède aux Etats, c’est lui qui reprendra sa place au National. Pour Pierre Mauron, «le canton ne mérite pas ça». Le Singinois déclare avoir été un peu étonné de lire cela. «Les socialistes sont nerveux. Ils n’ont plus d’argument. Et ils tirent sur les candidats. ça me semble tout nouveau qu’on attaque personnellement les gens. C’est dommage. Et triste.» I
PHILIPPE CASTELLA
Le jour même de l’élection d’Alain Berset au Conseil fédéral, il nous révélait son intention de se porter candidat à la succession au Conseil des Etats (cf. «La Liberté» du 15 décembre). Il n’a pas fait faux bond. Hier, l’indépendant Francis Fasel a déposé officiellement sa candidature auprès de la Chancellerie d’Etat sur une liste munie de 65 signatures. Le thérapeute de Villarimboud a intitulé sa liste, qui portera le numéro 8, «Nouvelle terre».
Le Glânois avait déjà été candidat au Conseil des Etats en 1999. Avant cela, il avait postulé au Conseil d’Etat en 1996. Et plus récemment, on le trouvait candidat au Conseil national en 2007, sous les couleurs du défunt Mouvement Ouverture.
Les deux favoris à cette élection complémentaire, le socialiste Christian Levrat et le libéral-radical Jacques Bourgeois, tous deux conseillers nationaux, ont également déposé leur liste hier.
C’est là les trois candidats qui étaient attendus. On ne peut exclure que d’autres sortent du bois d’ici lundi midi, délai pour le dépôt des listes.
Voir notre dossier: ÉLECTIONS COMPLÉM. 2012