De gauche à droite: Agnès Jobin, René Walker et Françoise Vonlanthen. Alain Wich De gauche à droite: Agnès Jobin, René Walker et Françoise Vonlanthen. Alain Wicht
31/10/2012

Les dessous de la fiction

fribourg • Dans son combat pour défendre l’écrit, l’association des Semaines de la lecture organise expo et ateliers sur le thème de la fiction.

En 2003, Françoise Vonlanthen et Agnès Jobin fondent l’association des Semaines de la lecture dans le but d’affirmer l’importance de l’écrit dans la vie quotidienne et de permettre l’accès à la lecture et à l’écriture pour tous. Neuf ans plus tard, le projet est plus que jamais d’actualité et s’étoffe de nombreux événements à caractères culturel, économique, ou même politique. Après «Le Jardin de l’orthographe», en 2007, et «Pour tout l’or des mots», en 2009, «FABULATOR, en voilà des histoires!» propose une exposition intrigante sur le thème de la fiction. Pendant trois semaines, l’association développera son programme autour d’une exposition, d’ateliers et de conférences, en lien avec le lieu choisi – cette année, l’Espace 25, une usine de «texte-textile».

La mise en scène de l’exposition est en effet extraordinaire, puisqu’elle prend place dans une authentique fabrique, et joue sur les liens entre les mondes de la fiction (dont l’éthymologie signifie d’ailleurs «fabriquer») et le lieu. Le spectateur y découvre des textes intégrés dans les vrais supports de l’usine. Ainsi, la machine à timbrer présente les héros, sous la forme de fiches salariales dans lesquelles ils se plaignent de leurs suppérieurs, à l’instar de Gavroche qui crie son mécontentement contre Victor Hugo, au sujet de sa taille, trop petite à son goût.

 

Une part de rêve

D’autres installations permettent au spectateur d’accéder à une part de rêve, comme cette machine à coudre, dont s’échappent les premières phrases de romans triés sur le volet ou ce «coin santé» qui mentionne: «par pure amitié pour vous, la fabrique a prévu de prendre en charge votre bien-être» et qui se présente comme une pharmacie de livres prodiguant les textes adéquats pour guérir des harcèlements de son chef, de l’adultère de son mari ou de son manque de motivation à se mettre au travail. L’usine expose également 24 portraits de personnalités fribourgeoises qui ont accepté d’être pris dans leur posture préférée de lecteur. Le travail de mise en scène de René Walker et Thierry Daflon est véritablement magique et dévoile un endroit où l’on réfléchit au temps qui ralentit, qui se dilate, qui change.

Une visite guidée de l’exposition développera la thématique de la fiction à travers différents points. On y apprend à reconnaître les héros du genre et à jouer leur rôle, à déterminer comment la fiction s’articule, à quel point les mythes constituent la base de la société et s’immiscent constamment dans notre quotidien, ainsi que l’importance de la lecture et ses bienfaits.

 

Ateliers et conférences

De nombreux événements de qualité s’échelonnent également le long des «Semaines de la lecture»: des conférences universitaires auront lieu les 7 et 21 novembre, ainsi que le 12 décembre, à 19h. Dispensées par des membres du corps professoral de l’Université de Fribourg, elles développeront la thématique de la fiction dans les univers littéraire, médical et théologique.

Le 28 novembre, une conférence de Catherine Tabaraud, intitulée «Le livre, toute une histoire quand on est peu ou pas lecteur», s’intéressera à la thématique de l’illettrisme. Divers ateliers compléteront la manifestation et permettront au public de découvrir un peu plus l’univers de la fiction.

Ainsi sera organisé, le 14 novembre, un atelier d’écriture avec l’écrivain suisse Eugène qui tentera de transmettre à son public les clés stylistiques pour développer une narration fictive. Le 28 novembre, un atelier de réalisations graphiques autour de la lecture, intitulé «Pièces détachées», sera animé par l’artiste plasticienne Camille von Deschwanden. Le 5 décembre, Thierry Dafflon proposera un atelier de création dans le but d’«élaborer, de dessiner, de coudre et de coller un objet lecture-couture».

Enfin, pour les plus jeunes, la projection du film pour enfants de Mischa Kamp, «Le cheval de Saint Nicolas», présentera 96 minutes de poésies française et chinoise. Une appréhension de la lecture à mille lieues de celle enseignée à l’école. Une expérience accessible aux lecteurs de tout âge et de tout niveau, à travers une mise en scène à la fois ludique et profonde. Programme et informations complémentaires sur www.fabulator.ch. I

> Me 31 oct. 19h Fribourg (vernissage), Espace 25, boulevard de Pérolles 25. Jusqu’au 21 décembre.

estelle baur

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