La Liberté

Dans les murs de l'HFR

«Une facette méconnue de la physiothérapie»

Coline Brebeck, physiothérapeute
Coline Brebeck, physiothérapeute


Publié le 18.04.2020

Temps de lecture estimé : 2 minutes

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Dans les murs de l’HFR

Chaque jour, un collaborateur de l’HFR raconte ce qui se passe à l’intérieur des murs.

«Je travaille dans le service des soins intensifs de l’HFR, pour lequel je me suis mise à disposition à 100%. C’est une facette de la physiothérapie méconnue. Avec mes collègues physiothérapeutes et ergothérapeutes, nous avons dû doubler, voire tripler nos effectifs pour couvrir une présence de 8 h à 22 h. Nous traitons des patients atteints du Covid-19 intubés et stables d’un point de vue médical. Certains commencent à ouvrir les yeux, à bouger. Ils ont souvent énormément de sécrétions dans les poumons. En résumé, j’effectue des pressions sur leur thorax et leur ventre lorsqu’ils expirent pour moduler les flux expiratoires. C’est un peu comme simuler l’effet d’une toux. Nous procédons à des changements de position pour les aider à mieux ventiler leurs poumons.

Je prends aussi en charge les patients extubés. Ils sont très affaiblis et n’arrivent souvent pas à bouger seuls. Par exemple, tenir assis au bord du lit relève d’un effort incroyable pour eux. Il faut souvent les soutenir, c’est très physique. Nous devons tout rééduquer, à commencer par la déglutition, pour éviter que les patients ne fassent passer de la salive ou des aliments dans leurs poumons. Nous travaillons aussi le renforcement des jambes et des bras par diverses positions et exercices.

Toutes ces tâches, je les effectuais déjà pour des patients intubés avant la crise sanitaire. En revanche, j’ai dû mettre de côté la prise en charge des patients ambulatoires et j’ai stoppé mon activité d’indépendante. Je ne sais jamais quel jour de la semaine nous sommes et les week-ends n’existent plus, car j’ai un horaire continu. Je travaille quelques jours, j’ai un jour de congé, c’est un peu aléatoire… Mais je viens avec plaisir à l’HFR car je constate une évolution positive chez les patients.

A notre connaissance, mes collègues et moi-même n’avons pas été infectés, bien que nous soyons en contact étroit avec les patients. Nous sommes bien protégés avec un masque, une blouse, des gants, des lunettes et une charlotte. Je peux vous dire qu’on a chaud, c’est un peu le hammam permanent sous notre blouse! On a l’impression d’avoir passé dans les bains de Charmey pendant quatre heures!»

Lise-Marie Piller

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