La Liberté

Et si on parlait d'éducation?

Je veux la tablette !

Je veux la tablette ! © KEYSTONE
Je veux la tablette ! © KEYSTONE


11.01.2019

Education familiale Fribourg

Ces histoires sont des « séquences » extraites des rencontres que l’Education Familiale organise dans le canton ; elles traitent des compétences éducatives des parents.

«Je veux la tablette !». Dans la salle d’attente d’un cabinet pédiatrique, Angélique se désole de son enfant de 5 ans qui reste assis sur la chaise et ne veut pas jouer avec les autres enfants présents. Maurice demande sa tablette. La mère la lui donne et dit: «Les enfants actuellement ne savent plus jouer. Depuis tous petits, ils ne font que jouer sur les écrans, le reste ne les intéresse pas. Et en plus, il faut qu’ils vivent dans leur monde et qu’ils sachent très tôt utiliser les médias.»

«Ce matin à la maison verte de Bulle, 36 enfants de 0 à 5 ans jouaient tellement bien que personne n’a vu le temps passer, raconte une mère. Connaissez-vous cet endroit?» «Oh mamma mia, les enfants ne sont jamais en retard par rapport aux médias: ils apprennent tellement vite, raconte un père: mes enfants jouent ici, en attendant, depuis un bon moment. À la maison, il y a d’abord les jeux et les activités partagées, et seulement ensuite les médias: un petit  moment pour la tablette, et après on range tout. Et quand les enfants jouent dehors, on n’arrive plus à les faire rentrer. Angélique entre avec Maurice dans le cabinet du pédiatre. Les parents présents, qui restent dans la salle d’attente, échangent, un peu troublés par des comportements si différents, et profitent d’en parler avec les adolescents présents.

Une adolescente fait la moue et regarde son père à côté d’elle. «Moi j’ai 14 ans, mes parents éteignent le wifi à 21h. On doit négocier quand on doit rendre un travail pour l’école et travailler plus tard sur l’ordi. Je trouve cette règle un peu dure, mais je commence à réfléchir, suite à cette expérience. J’ai invité des copines à venir dormir à la maison. Je me réjouissais tellement, mais toute la soirée, nous étions sur nos natels. La fois suivante, je les ai invitées sans portable et on a bien rigolé». «Moi j’ai le droit d’utiliser mon natel au salon mais pas dans ma chambre», raconte Amandine, 13 ans. Sa mère abonde: «Oui, tout le monde d’ailleurs, pas seulement les enfants, pas de natel dans les chambres!»

«Moi je fais ce que je veux jusqu’à 20h, raconte Eva, 14 ans. Après on met tous le natel dans une corbeille au salon». «Mes deux enfants plus jeunes ont le droit de regarder la télé quand je fais le souper, raconte une mère. Ma fille ainée a 12 ans et n’a pas de natel. Au début je me disais que je serais plus en sécurité si je savais qu’elle peut m’appeler en cas de difficulté etc. Mais en écoutant tout ce qui se passe avec ces portables, je suis plus en sécurité, et elle aussi, si elle n’en a pas.»

Pendant ce temps, des enfants jouent dans la salle d’attente et découvrent qu’un objet est lourd ou léger, lisse ou rugueux, froid ou chaud. Avec le boulier, ils comptent une à une les boules une à une. Cette étape est indispensable pour faire les apprentissages suivants. Elle est difficilement rattrapable, quand on ne la fait pas dans la petite enfance. Les enfants ne peuvent pas savoir cela : c’est aux adultes de les accompagner dans les découvertes du monde qui les entoure.

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