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Les contrebandiers de la gabelle

Durant des siècles, les Français ont tenté d’échapper à une fiscalité sur le sel aussi injuste que détestée

Les contrebandiers s’approvisionnaient dans les provinces, où le sel n’était pas taxé. Ici, les marais salants de Guérande (Bretagne).  © Keystone
Les contrebandiers s’approvisionnaient dans les provinces, où le sel n’était pas taxé. Ici, les marais salants de Guérande (Bretagne). © Keystone


Pascal Fleury

Publié le 22.04.2022

Temps de lecture estimé : 8 minutes

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Impôt » Ils se nommaient Va-de-bon-Cœur, Fleur d’Epine, Marche-Marche, Chouan, La Jeunesse, De Grand’Peine ou Sans-Façon. Solitaires ou en petites bandes armées, ils transportaient, au péril de leur vie, le sel de contrebande des marches de Lorraine ou des frontières de Bretagne jusqu’en Ile-de-France et dans les provinces voisines, où le précieux «or blanc» était fortement taxé durant l’Ancien Régime. Ces «coureurs de la nuit», raconte l’historien Bernard Briais¹, ne se mettaient généralement en route qu’après le coucher du soleil, à l’heure où le bourgeois s’endormait et où le gabelou, somnolant, relâchait sa vigilance.

Soutenus par une population souvent complice, ces «faux-sauniers» contournaient la gabelle, une fiscalité sur le sel vécue c


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