La Liberté

SSR, le crépuscule du Roi-Soleil

Serge Gumy est le rédacteur en chef de «La Liberté». © Alain Wicht
Serge Gumy est le rédacteur en chef de «La Liberté». © Alain Wicht


09.03.2017

Serge Gumy

Éditorial

A vaincre sans péril, la SSR a triomphé sans gloire devant le Conseil des Etats. Les sénateurs unanimes ont en effet rejeté hier l’initiative «No Billag», qui prône la suppression pure et simple de la redevance radio/TV. La «Chambre de réflexion» n’a pas voulu de ce poison pour le service public et pour la cohésion de la Suisse. Car à priver la SSR de sa principale source de financement, la politique viendrait à donner le champ libre aux diffuseurs privés. Avec le risque que ceux-ci se concentrent sur la course à l’audimat et les régions riches. Au détriment d’une information de qualité, des régions périphériques et des minorités linguistiques.

Directeur général en partance de la SSR, Roger de Weck doit néanmoins s’attendre à une opposition autrement plus musclée au Conseil national, la semaine prochaine. A l’heure de son crépuscule, le brillant éditorialiste aurait donc tort de se prendre pour le Roi-Soleil. «Le service public, c’est moi», tend-il à répéter pour paraphraser Louis XIV. Sauf que la SSR n’est pas seule à le fournir. Comment les Fribourgeois auraient-ils pu choisir leurs autorités lors des dernières élections cantonales sans le travail d’information des médias privés, dont La Liberté?

Le Fribourgeois de Weck ne manque certes jamais une occasion de citer ce journal en exemple. Mais il en parle comme d’un titre régional, alors que nous prétendons, ô folie, avoir notre mot à dire dans le débat national. En outre, l’alliance conclue par la SSR avec Ringier et Swisscom concurrence directement la presse écrite sur la publicité nationale. Dans un contexte de recul constant de leurs recettes, les journaux n’avaient pas besoin de ça. Ouvert à de nouvelles collaborations, Roger de Weck leur tend malgré tout la main. Mais c’est en grand seigneur, pas encore en partenaire. Pour faire taire une ­partie de ses détracteurs, la SSR gagnerait sans doute à descendre de son piédestal. Serge Gumy

Lire en «Pas une voix pour "No Billag"»

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