La Liberté

28.02.2021

Des sondages à sept mois du vote consultatif sur le Grand Fribourg

En 2019, le «Fusion Truck» avait sillonné l'agglomération pour informer sur le procédure de fusion et rencontrer la population. © Lib/Charly Rappo - archives
En 2019, le «Fusion Truck» avait sillonné l'agglomération pour informer sur le procédure de fusion et rencontrer la population. © Lib/Charly Rappo - archives

ATS

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Le projet de Grand Fribourg, réunissant 75'000 habitants, s'invite dans la campagne des élections communales du 7 mars dans le canton de Fribourg. Partisans et opposants ont publié tour à tour des sondages réalisés auprès de candidats.

Le vote consultatif organisé dans les neuf communes se déroulera le 26 septembre seulement. Mais la campagne des communales offre déjà un espace d'expression, permettant aux opposants entre autres de sortir du bois. Fribourg, Avry, Belfaux, Corminbœuf, Givisiez, Granges-Paccot, Marly, Matran et Villars-sur-Glâne sont concernées.

Premier sondage

Le premier sondage a paru la semaine passée, commandé par les partisans du projet de l'association Fusion 21. A la question posée aux 142 candidats au Conseil communal de savoir s'ils sont pour ou contre, 82 personnes ont répondu: 42% sont favorables au projet, alors que 16% sont contre, le solde préférant de ne pas trancher. Le sondage laisse apparaître des disparités. Une opinion positive du Grand Fribourg se dégage dans le chef-lieu cantonal, qui compte 38'000 habitants, à Avry, à Belfaux, à Corminbœuf et à Marly. Les réponses sont majoritairement négatives à Givisiez, Matran et Villars-sur-Glâne, troisième ville du canton avec 12'000 habitants. Personne n’a accepté de répondre à Granges-Paccot. A noter qu’un seul candidat se déclare opposé en ville de Fribourg, tout comme à Corminbœuf et à Marly, et aucun à Belfaux.

Deuxième sondage

Le deuxième sondage a paru pas plus tard que mardi, celui de l’association «Non à la fusion du Grand Fribourg», une entité constituée le 21 décembre à Villars-sur-Glâne. Il n'est pas plus représentatif que celui de l’association Fusion 21, mais a le mérite d'alimenter le débat démocratique sur une question centrale. Ici, seuls 123 candidats aux élections communales (législatifs et exécutifs confondus) ont répondu sur les 641 questionnaires envoyés. En chiffres absolus, c’est mieux que les 82 avis récoltés par Fusion 21, mais le taux de retour demeure décevant, a noté Ian Peiry, président de l’association, cité dans La Liberté. Les résultats donnent un tableau purement indicatif. Une majorité de 53,7% des participants se dit favorable à l’union de la capitale et de ses voisines. En revanche, les avis sont défavorables à 67,1% si l’on retire les réponses des candidats de la ville de Fribourg. Ces derniers sont surreprésentés dans le panel, avec 47 personnes.

Susciter le débat

A Fribourg, le projet de fusion récolte 95,7% d’approbation. Il est aussi soutenu à Belfaux, Marly et Corminbœuf, si l'on considère toutefois qu’une réponse positive sur deux voix vaut pour une majorité. Le non sort en tête à Givisiez, Villars-sur-Glâne, Matran et Avry, où sept personnes sur dix se déclarent contre. Cette dernière commune, qui compte 1900 habitants, change de camp par rapport au sondage de Fusion 21, qui laissait apparaître 35% de oui, contre 18% de non, avec 47% d’abstention. Mais les répondants ne sont pas les mêmes personnes, à une exception près. L'association «Non à la fusion du Grand Fribourg» veut créer un «réel débat» autour du projet, en regrettant le «manque de transparence». Elle se montre critique sur plusieurs aspects comme l'introduction du bilinguisme, l'«opacité» des données financières ou la centralisation du service public.

Pas avant 2023

Autre voix à se faire entendre, celle de la Communauté romande du Pays de Fribourg (CRPF). A ses yeux, la création d'un Grand Fribourg officiellement bilingue, auquel n'adhèrent que des communes francophones, «viole manifestement les principes constitutionnels en la matière». Selon la communauté, le projet «menace la répartition traditionnelle des langues non seulement dans le district de la Sarine, mais dans tout le canton». Le vote consultatif sur la constitution d'un Grand Fribourg aurait dû se tenir le 17 mai dernier, mais il a été renvoyé, crise du coronavirus oblige.

Le projet est porté depuis plusieurs années par une Assemblée constitutive, un organe présidé par le préfet de la Sarine Carl-Alex Ridoré. En cas d'acceptation au terme de l'ensemble du processus, la fusion n'interviendrait pas avant le 1er janvier 2023.

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