La Liberté

05.01.2020

Le bal des procès climatiques s'ouvre à Renens

Après avoir pris la rue, le mouvement de lutte pour le climat s'étend aux tribunaux (archives). © KEYSTONE/CYRIL ZINGARO
Après avoir pris la rue, le mouvement de lutte pour le climat s'étend aux tribunaux (archives). © KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

ATS

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La lutte des militants pro-climat s'étend aux tribunaux. Douze jeunes activistes comparaissent cette semaine au Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne pour une action dans les locaux de Credit Suisse en novembre 2018.

Ce procès, le premier de cette ampleur en Suisse depuis le début de la mobilisation contre le réchauffement climatique, est programmé de mardi à jeudi dans la salle d'audience cantonale de Renens. Le jugement sera rendu quelques jours plus tard, le lundi 13 janvier.

Pour défendre les douze prévenus - cinq femmes et sept hommes -, un collectif de treize avocats s'est constitué. Cette armada, dans laquelle figurent notamment les anciens bâtonniers Antonella Cereghetti et Christian Bettex, plaidera bénévolement, convaincue du bien-fondé de la démarche des militants.

Présentés fin novembre à la presse, ces avocats ont déjà dévoilé une partie de leur stratégie. Selon eux, ces jeunes âgés de 21 à 34 ans ont agi «en état de nécessité» et doivent être considérés comme des lanceurs d'alerte.

Les faits remontent au 22 novembre 2018, lorsque les activistes avaient fait irruption dans le bâtiment de Credit Suisse à la rue du Lion d'Or, au centre de Lausanne. Déguisés en joueurs de tennis, ils avaient occupé les locaux de la succursale pour dénoncer «l'hypocrisie» d'une banque qui s'associe à l'image positive de Roger Federer tout en menant une politique d'investissement dans les énergies fossiles néfaste pour l'environnement.

Opposition

L'action, qui avait été menée parallèlement à Genève et Bâle, avait duré une heure et demie. Elle s'était déroulée sans violence. La police avait toutefois dû intervenir et évacuer les plus récalcitrants qui refusaient de quitter les lieux. Credit Suisse avait porté plainte fin décembre 2018.

Les militants ont été condamnés par ordonnance pénale au printemps dernier pour violation de domicile et infraction à la loi sur les contraventions pour avoir notamment refusé de se conformer aux injonctions de la police. Ils ont écopé chacun de 30 jours-amende à 30 francs avec sursis pendant deux ans et d'une amende allant de 400 à 600 francs (convertible en respectivement 13 à 20 jours de prison).

C'est en faisant opposition à cette condamnation que les activistes ont ouvert la voie à un procès. L'occasion de dénoncer une répression qu'ils jugent «démesurée et absurde», mais aussi de donner encore davantage d'écho à leur cause.

Procès en série

Les douze membres de Lausanne Action Climat - un mouvement qui s'est fondu en 2019 dans d'autres collectifs comme la Grève pour le climat ou Extinction Rebellion - ne sont pas les premiers à passer au tribunal. Un autre défenseur du climat a été condamné début novembre à Lausanne pour l'occupation d'un bâtiment des Retraites Populaires. Son procès s'était toutefois déroulé à huis clos, le militant étant encore mineur.

D'autres procès climatiques vont suivre ces prochains mois en Suisse. Rien que dans le canton de Vaud, près de 120 membres d'Extinction Rebellion ont été condamnés par ordonnance pénale pour différentes actions menées cette année. Comme la plupart ont fait opposition, leur cas se traitera aussi devant les tribunaux.

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