La Liberté

29.11.2020

«La victoire doit rester modeste»

Le grand argentier cantonal Georges Godel peut avoir le sourire: sa révision de loi n'a pas été inquiétée. © Charles Ellena - A
Le grand argentier cantonal Georges Godel peut avoir le sourire: sa révision de loi n'a pas été inquiétée. © Charles Ellena - A

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C'est un plébiscite qui est sorti des urnes fribourgeoises concernant la révision de la loi sur la Caisse de prévoyance du personnel de l'Etat. Près de 70% des votants (et tous les districts) ont accepté le projet du Conseil d'Etat.

Il n’y a pas eu photo en ce dimanche concernant la révision de loi sur la Caisse de prévoyance du personnel de l’Etat de Fribourg (CPPEF). Avec 69,8% de oui, les Fribourgeois ont très largement approuvé ce dimanche la réforme, qui entrera donc en vigueur en janvier 2022. Le Syndicat des services publics (SSP), principal voire seul opposant au projet, n’a pas réussi son pari, lui qui réclamait des conditions plus favorables pour le personnel de la fonction publique.

Enjeu majeur de cette législature, la révision est maintenant sous toit, au grand soulagement des partis politiques qui se sont rangés derrière le projet. Sébastien Dorthe, président du PLR fribourgeois, est surpris de la netteté du score. «La population a compris qu’il s’agissait d’un consensus entre les principales forces politiques du canton et elle a eu confiance dans l’équilibre trouvé», salue-t-il.

Pour lui, c’est clair que le rejet de la réforme résulte d’un cumul entre différentes oppositions. A celle déclarée du Syndicat des services publics (SSP) s’ajoute celle d’employés du privé qui ne bénéficient pas des mêmes conditions de retraites ou encore d’indépendants qui souffrent des effets économiques de la pandémie.

 


«Notre défi sera de rendre malgré tout la fonction publique attractive» 
David Bonny, chef du groupe PS au Grand Conseil

Les collectivités publiques fribourgeoises vont engager 380 millions de francs pour atténuer les effets de la révision. Pour le député David Bonny, chef du groupe socialiste au Grand Conseil, «c’est le maximum qu’on pouvait obtenir. Cet argent est maintenant à disposition et c’est ce qui compte».

Il ne nie pas que les employés de l’Etat de Fribourg auront dorénavant de moins bonnes conditions de retraite. «Ce ne sera pas tout rose pour eux et notre parti restera très attentif à la concrétisation de cette révision et à ses effets. Notre défi sera de rendre malgré tout la fonction publique attractive», conclut-il.

Du côté du Conseil d’Etat, on salue un résultat «qui permet d’assurer la pérennité de la caisse de pension, tout en garantissant des mesures transitoires pour les employés les plus touchés», selon les propos d’Anne-Claude Demierre.

«La victoire doit rester modeste, car les collaborateurs de l’Etat font un énorme effort»
Georges Godel, conseiller d’Etat


Pour son collègue Georges Godel, «les Fribourgeois ont choisi de maintenir l’attractivité de l’Etat-employeur et d’assurer ainsi à long terme la qualité du service public». Le grand argentier du canton estime encore que la victoire «doit rester modeste» car les collaboratrices et collaborateurs de l’Etat de Fribourg «font aussi un effort énorme».

 

Et maintenant?

«C’est une étape, une belle étape», réagit Gilles André, directeur de la Caisse de prévoyance du personnel de l’Etat de Fribourg. «Nous avons maintenant 13 mois pour préparer la transition au niveau opérationnel.

Tous les règlements devront notamment être adaptés. Nous devrons également chiffrer avec exactitude la répartition des mesures transitoires selon les effectifs du personnel au 31 décembre 2020.»

 

Sur quoi a-t-on voté?

Pour rappel, cette réforme implique le passage d’une primauté des prestations (prévoyant que le niveau de la rente soit garanti en fonction du salaire assuré) à une primauté des cotisations (voulant que les prestations dépendent du capital épargné et rémunéré par un intérêt annuel variant en fonction de la performance des placements). Cela engendrera des baisses des rentes que le Conseil d’Etat promet de limiter à 9,5%. Afin d’atténuer le choc, des mesures transitoires et compensatoires sont prévues pour le personnel dès 45 ans. Coût: 380 millions de francs pour l’employeur, à savoir le canton mais aussi des communes ou certaines associations exerçant une tâche d’intérêt public.

A cela s’ajoutent une hausse paritaire des cotisations de 1% (ce qui représente un coût net à la charge des pouvoirs publics de 10 millions de francs par an) et l’introduction d’un système de bonifications croissantes (plus le collaborateur vieillit, plus le pourcentage ponctionné sur son salaire augmente). De plus, une revalorisation salariale à hauteur de 0,25% est promise à tout le personnel, ce qui coûtera annuellement 3,6 millions de francs. Sans oublier qu’une augmentation de salaire supplémentaire de 0,3% a été accordée en début d’année par le gouvernement. Si elle est acceptée, cette réforme entrera en vigueur en janvier 2022.

 

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