La Liberté

19.01.2020

50 ans du WEF: les bonzes dans la neige pour améliorer le monde

Derniers préparatifs avant le début du 50e Forum économique mondial, le WEF à Davos dimanche. © KEYSTONE/GE
Derniers préparatifs avant le début du 50e Forum économique mondial, le WEF à Davos dimanche. © KEYSTONE/GE


19.01.2020

Mardi débute le 50e World Economic Forum (WEF) à Davos. Pensé à l'origine comme un symposium européen de management, la rencontre s'est muée au fil du temps comme l'une des plus importantes plateformes internationales d'échange pour l'économie et la politique.

Avec ses 50 ans au compteur, le WEF se décrit sur sa homepage "pale, male and stale" - blanc, masculin et fade. Une prise de distance ironique qui résume le préjugé que l'on peut avoir du WEF. Fade, le Forum ne l'est résolument plus depuis 2005.

Cette édition a marqué un tournant cette année-là avec une brochette de stars du show-biz au point d'être rebaptisée "Holly-WEF". Richard Gere, Peter Gabriel et Lionel Richie étaient à l'honneur, Angelina Jolie s'est jointe à une discussion sur les droits de l'homme. Et Sharon Stone, connue pour "Basic Instinct", récoltait un million de dollars de dons pour des moustiquaires qui ont fini comme filets de pêche en Afrique.

L'année suivante, en 2006, c'est le chanteur Bono qui lance la formule "Nous, les bonzes dans la neige" (fat cats in the snow). Il s'investit alors avec énergie pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

L'ouverture du WEF aux icônes glamour ne se limite pas à un coup de pub pour la manifestation mais témoigne surtout d'un changement d'orientation pour les causes humanitaires. Depuis ce tournant, un tiers des participants n'appartiennent plus aux cercles de l'économie ou de la politique mais proviennent de groupes qui s'engagent dans la lutte contre la pauvreté, l'environnement ou pour les droits de l'homme, indique le WEF.

Le WEF - Un seul homme à la barre

L'élargissement de la rencontre internationale à 2000-3000 personnes issues du monde économique, politique, du spectacle et des ONG était inhérent au WEF. Car cette mue est le fruit d'une réflexion d'un seul homme: Klaus Schwab, fondateur du European Management Forum et, depuis, président de la réunion internationale.

Ce modèle montre qu'une entreprise n'est pas seulement redevable envers ses actionnaires, mais envers tous ceux qui y ont un intérêt: du créditeur au fournisseur, en passant par les employés des secteurs concernés, les clients, et donc la société. Tous souffrent des pratiques dommageables des entreprises. Les scientifiques et les journalistes le savent. En réunissant tous ces milieux, le WEF privilégie l'échange formel et informel d'idées, pour la mise en réseau et la conception de stratégies.

Rencontres inespérées

Klaus Schwab a rassemblé à Davos des hommes qui évoluaient chacun séparés dans leur milieu auparavant. Huit ans après la création du European Management Symposium, rebaptisé Forum économique mondial en 1987, les premiers représentants de la Chine ont débarqué en 1979, Ronald Reagan s'est manifesté en direct par téléphone satellite en 1981 et la première délégation de l'Union soviétique est arrivée en 1987.

En 1990, le Chancelier allemand Helmut Kohl a discuté avec le Premier ministre de la RDA Hans Modrow à Davos. En 1992, le Président sud-africain Frederik de Klerk a rencontré le leader anti-apartheid Nelson Mandela et en 2001, Yasser Arafat s'est assis à la même table que Shimon Peres. Mais le leader palestinien a gâché le coup de Schwab par une diatribe inattendue contre Israël.

L'avenir femme et jeune

Si le qualificatif de "stale" est définitivement oublié, celui de "pale" pour désigner les décideurs blancs n'a pas été aussi exclusif. Reste le "male". Mais là aussi, cette caractéristique est en passe d'être caduque. La part des femmes a grimpé à 24% cette année, selon le site du WEF. Et le nombre de participantes devrait doubler.

Le rajeunissement des invités progresse aussi depuis la création du Forum of Young Global Leaders (Forum des jeunes leaders) en 2004 et des Global Shapers (les entrepreneurs mondiaux) en 2011. L'année dernière, la militante pour le climat Greta Thunberg a ouvert le chemin dans la neige aux très jeunes activistes. Cette année, l'Américaine Naomi Wadler, 13 ans et active contre la violence armée, et Autumn Peltier, une autochtone canadienne de 15 ans qui se bat pour l'eau potable, se rendront à Davos.

ats

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