La Liberté

24.11.2021

Accusé de viol, Nicolas Hulot quitte définitivement la vie publique

L'ancien ministre français Nicolas Hulot, visé par de nouvelles accusations d'agression sexuelle et de viol qu'il dément, va quitter la vie publique, a-t-il annoncé mercredi. (archives) © KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT
L'ancien ministre français Nicolas Hulot, visé par de nouvelles accusations d'agression sexuelle et de viol qu'il dément, va quitter la vie publique, a-t-il annoncé mercredi. (archives) © KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT
L'ancien ministre français Nicolas Hulot, visé par de nouvelles accusations d'agression sexuelle et de viol qu'il dément, va quitter la vie publique, a-t-il annoncé mercredi. (archives) © KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT
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24.11.2021

Visé par de nouvelles accusations d'agression sexuelle et de viol qu'il nie farouchement, le militant écologiste et ancien ministre Nicolas Hulot a annoncé mercredi quitter "définitivement" la vie publique. Il dit vouloir ainsi protéger ses proches et sa Fondation.

"Je vais quitter la présidence d'honneur de ma fondation, oeuvre de ma vie (...) pour les protéger des salissures", a-t-il déclaré sur BFMTV.

Il devançait ainsi d'une journée la diffusion d'un reportage télévisé qui donne la parole à des femmes l'accusant "d'"agression sexuelle et même de viol", qu'il a démentis.

"Dans la foulée, pas plus parce que ma conscience ne serait pas tranquille, je quitte définitivement la vie publique tout simplement parce que je suis écoeuré", a ajouté l'ancien animateur TV. "Je quitte mon engagement et je ne m'exprimerai plus. C'est trop lourd payé".

Comme il l'avait fait en 2018 lors de la publication d'un article révélant une plainte pour viol classée sans suite car prescrite, Nicolas Hulot se défend avant même la révélation des accusations émanant de quatre ou cinq femmes selon ses propos.

Défense dénoncée

Une méthode de défense dénoncée par la Fondation des femmes qui réclame "un peu de décence". "C'est à nouveau une campagne de gestion de crise qui consiste à vouloir parler avant qu'on ait pu entendre ces femmes. Laissons-les parler, qu'il se taise pour qu'on puisse les écouter", a déclaré à l'AFP sa présidente Anne-Cécile Mailfert. "Il parle de cauchemar, mais c'est après avoir été violé qu'on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire".

Le reportage en question doit être diffusé dans Envoyé Spécial sur France 2 jeudi soir, a confirmé France Télévisions à l'AFP.

Nicolas Hulot indique avoir été informé d'au moins quatre nouveaux témoignages sur des faits allégués et prescrits, qui remontent jusqu'à 1989.

"Au prétexte que ces affaires sont prescrites, je n'ai plus le droit à une enquête. On va m'accuser de crime et de délit", a-t-il déclaré, critiquant un "système qui est en train de perdre la raison", avec "la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision".

Même sans connaître les détails des accusations, "je sais ce que je suis incapable de faire, ce que je n'ai pas fait", a-t-il martelé. "Ces affirmations sont mensongères".

"Je sais que j'ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d'amour... Mais plus sérieusement, je n'ai jamais séduit par contrainte", a-t-il encore dit.

"Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ?", a réagi sur Twitter la ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno. "Ces propos sont intolérables".

Classement sans suite

En février 2018, le magazine Ebdo, qui a depuis disparu, avait publié une enquête controversée incluant en particulier une plainte pour viol contre l'ex-animateur télé, classée sans suite car les faits étaient prescrits.

Cette plainte avait été déposée en 2008 par Pascale Mitterrand, petite-fille de François Mitterrand et les actes dénoncés remonteraient à 1997.

Juste avant la parution de l'article, celui qui était alors ministre de l'environnement avait "pris les devants" en allant démentir, déjà sur BFMTV, tout comportement inapproprié et des rumeurs "ignominieuses".

Et il n'avait pas été affecté politiquement par cet article très critiqué. Nicolas Hulot avait finalement quitté le gouvernement avec fracas en août 2018, dénonçant le manque d'avancées sur l'environnement. A la question mercredi de savoir si des accusations d'agressions avaient joué un rôle dans cette décision, il a répondu: "Pas une seconde".

"A l'écart du monde"

Et maintenant, à quoi ressemblera la vie de celui qui a longtemps entretenu son image d'"écologiste préféré des Français" ? "Me mettre à l'écart de ce monde que je ne reconnais plus", a-t-il répondu. "A partir de demain, tout va s'enflammer et le lynchage commencera".

La Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH), prenant acte du départ de son créateur et se refusant à commenter une affaire qui touche à la "question fondamentale" de la libération de la parole des femmes, s'est de son côté dit "résolue à poursuivre son action pour l'écologie et la justice sociale".

ats, afp

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