La Liberté

26.01.2021

AstraZeneca ne prend "pas de vaccins aux Européens", assure son PDG

AstraZeneca s'est engagé à ne pas réaliser de profits sur la vente de vaccins durant la pandémie (image d'illustration). © KEYSTONE/EPA/DOMINIC LIPINSKI / POOL
AstraZeneca s'est engagé à ne pas réaliser de profits sur la vente de vaccins durant la pandémie (image d'illustration). © KEYSTONE/EPA/DOMINIC LIPINSKI / POOL
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26.01.2021

Le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca ne prend "pas de vaccins aux Européens pour les vendre ailleurs avec profit", affirme son PDG Pascal Soriot. Le groupe britannique est mis en cause en Europe en raison de retards de livraison de son vaccin contre le Covid-19.

"Cela n'aurait aucun sens", a déclaré le dirigeant français dans une interview donnée mardi à l'alliance LENA (Leading European Newspaper Alliance) dont font partie La Tribune de Genève et le Tages-Anzeiger. Le laboratoire, partenaire avec l'Université d'Oxford, s'est engagé à ne pas réaliser de profits sur la vente de vaccins durant la pandémie.

Bruxelles a haussé le ton lundi contre AstraZeneca, jugeant "inacceptables" les retards de livraison de son vaccin contre le Covid-19. Elle réclame désormais "la transparence" sur l'exportation hors de l'UE des doses qui y sont produites.

M. Soriot affirme avoir eu également des problèmes de démarrage dans la chaîne d'approvisionnement britannique, mais "le contrat britannique a été signé trois mois avant le contrat européen. Donc, avec le Royaume-Uni, nous avons eu trois mois supplémentaires pour résoudre les problèmes rencontrés".

"Baisse de rendement"

Alors que le feu vert réglementaire de l'UE pour ce vaccin est attendu vendredi, le laboratoire britannique a annoncé la semaine dernière que les livraisons seraient moins importantes que prévu au premier trimestre en raison d'une "baisse de rendement" sur un site de fabrication européen.

De quoi alarmer les pays de l'UE, déjà à cran après des difficultés d'acheminement du vaccin Pfizer-BioNTech, et renforcer la pression sur Bruxelles, qui a négocié les contrats de précommandes au nom des Vingt-Sept. Ceux-ci portent sur jusqu'à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, qui présente l'avantage d'être moins cher à produire que ses concurrents, tout en étant plus facile à stocker et transporter.

"Je pense que les populations d'Europe sont extrêmement stressées et fatiguées par cette pandémie qui dure depuis un an. Les gouvernements sont sous pression", a encore affirmé M. Soriot dans cette interview. Et de préciser que l'Europe "qui représente 5% de la population mondiale, obtiendra 17% de notre production en février".

En Suisse, le vaccin d'AstraZeneca pourrait être approuvé "dans les prochaines semaines", avait indiqué Swissmedic la semaine dernière à Keystone-ATS. Il deviendrait le troisième vaccin autorisé en Suisse contre le coronavirus. La société suédo-britannique avait soumis sa demande d'autorisation au début du mois d'octobre 2020.

Vaccin contre le variant sud-africain

M. Soriot affirme par ailleurs dans cette interview que le laboratoire travaille "avec l'Université d'Oxford sur un vaccin qui ciblera" le variant sud-africain du Covid-19, un virus plus transmissible que la première version du nouveau coronavirus.

ats, afp

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