La Liberté

20.05.2019

Autriche: le ministre d'extrême droite Kickl limogé

Le limogeage d'Herbert Kickl devrait se traduire par un départ de tous les ministres FPÖ du gouvernement. © KEYSTONE/AP/MICHAEL GRUBER
Le limogeage d'Herbert Kickl devrait se traduire par un départ de tous les ministres FPÖ du gouvernement. © KEYSTONE/AP/MICHAEL GRUBER


20.05.2019

Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a annoncé lundi le limogeage du ministre de l'Intérieur d'extrême droite Herbert Kickl. Cette décision fait suite à la diffusion d'une vidéo compromettante pour son parti FPÖ.

"En accord avec le président de la République, j'ai proposé au président de la République de démettre le ministre de l'Intérieur (Herbert Kickl)", a annoncé M. Kurz lors d'une conférence de presse à Vienne.

Cette annonce intervient après trois jours de tumultes politiques consécutifs à la diffusion vendredi, à quelques jours des élections européennes du 26 mai, d'une vidéo datant de 2017 où le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, se disait disposé à offrir des marchés publics à un oligarque russe en échange de financements occultes.

M. Strache, un allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini, a démissionné samedi de ses postes de vice-chancelier et de chef du parti, après 18 mois de coalition avec M. Kurz.

Départ "inévitable"

Le chancelier avait toutefois souligné qu'un départ de M. Kickl lui apparaissait également inévitable, ses fonctions au ministère de l'Intérieur étant selon lui incompatibles avec la conduite d'une enquête sur les propos de M. Strache.

"Il aurait été souhaitable qu'il démissionne comme l'a fait M. Strache", a relevé M. Kurz. M. Kickl s'y étant refusé, il ne restait d'autre solution que le limogeage, a ajouté le chancelier, qui avait auparavant expliqué que "M. Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même".

Ce départ était d'autant plus nécessaire que M. Kickl, 50 ans, considéré comme le stratège du parti, était "secrétaire général et avait la charge des finances" du FPÖ au moment des faits évoqués, a relevé M. Kurz. Selon lui, l'intéressé "n'a pas pris la mesure" du scandale provoqué par l'Ibiza-gate, du nom de la ville des Baléares où a été tournée la vidéo qui a piégé M. Strache.

Démissions en bloc

Le parti d'extrême droite autrichien FPÖ a annoncé dans la foulée la démission de tous ses ministres du gouvernement formé en décembre 2017 avec les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz, après le limogeage plus tôt du ministre de l'Intérieur Herbert Kickl dans le cadre de l'"Ibiza-gate".

Le ministre des Transports Norbert Hofer, nouveau chef désigné du FPÖ, avait lié la poursuite de la participation gouvernementale du FPÖ au sort de M. Kickl.

ats, afp

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