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Avertissement des survivants,75 ans après la libération d'Auschwitz

Les survivants portaient des bonnets et des écharpes à rayures bleues et blanches pour symboliser les uniformes des prisonniers du camp. © KEYSTONE/EPA/paw ase
Les survivants portaient des bonnets et des écharpes à rayures bleues et blanches pour symboliser les uniformes des prisonniers du camp. © KEYSTONE/EPA/paw ase
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et sa femme Elke Buedenbender devant le monument aux victimes du fascisme, sur le site du camp. © KEYSTONE/EPA/js ukit
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et sa femme Elke Buedenbender devant le monument aux victimes du fascisme, sur le site du camp. © KEYSTONE/EPA/js ukit


Publié le 27.01.2020


Septante-cinq ans après la libération d'Auschwitz, des survivants de la Shoah se sont réunis lundi sur ce site pour honorer les plus de 1,1 million de personnes qui y ont été tuées. Ils ont lancé un avertissement face à la résurgence de l'antisémitisme.

Des têtes couronnées, des chefs d'Etat ou de gouvernement de quelque 60 pays les ont rejoints à l'endroit, dans le sud de la Pologne, où s'étendait le plus grand des camps de la mort mis en place par l'Allemagne nazie, devenu le symbole des six millions de Juifs européens alors assassinés.

Arrivés du monde entier, ils ont été plus de 200 survivants sur ce site pour partager leurs témoignages entendus comme un avertissement après une récente vague d'attaques antisémites des deux côtés de l'Atlantique.

La cérémonie commémorative, face à la "porte de la mort" en briques rouges dans la partie du camp située à Birkenau, s'est déroulée dans le contexte du développement des groupes de suprématistes blancs aux États-Unis et des partis d'extrême droite en Europe.

Lumières et fleurs

À la tombée de la nuit, les survivants de l'Holocauste et les dignitaires, lumignons à la main, ont marché le long du chemin de fer qui avait à l'époque emmené des Juifs jusqu'aux chambres à gaz. Ils ont déposé les lumières et des fleurs au pied d'un monument commémoratif.

Les survivants, portant des bonnets et des écharpes à rayures bleues et blanches pour symboliser les uniformes des prisonniers du camp, ont traversé le tristement célèbre portail en fer forgé surmonté d'un sinistre "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre"), avant de déposer des couronnes de fleurs près du "mur de la mort", où les nazis ont abattu des milliers de prisonniers.

"Auschwitz n'est pas tombé du ciel soudainement, Auschwitz trottinait, marchait à petits pas, se rapprochait, jusqu'à ce qu'il arrivât ce qui est arrivé ici", a averti Marian Turski, 93 ans, un survivant juif polonais du camp. Il a appelé à la vigilance contre les violations des droits des minorités, élément-clé pour préserver la démocratie et éviter de nouveaux génocides.

De toute l'Europe

À partir du milieu de 1942, les nazis déportèrent systématiquement des Juifs de toute l'Europe vers six grands camps d'extermination - Auschwitz-Birkenau, Belzec, Chelmno, Majdanek, Sobibor et Treblinka.

"Trop de gens, dans trop de pays, ont fait d'Auschwitz une réalité", a déclaré dans son discours Ronald Lauder, le président du Congrès juif mondial, soulignant que "pratiquement tous les autres pays européens ont aidé les nazis à rassembler leurs citoyens juifs".

"Il est honteux que 75 ans plus tard, ils (les survivants d'Auschwitz) voient leurs petits-enfants à nouveau confrontés à la même haine... cela ne doit jamais être toléré", a insisté M. Lauder.

Moscou réécrit l'Histoire

Le président polonais Andrzej Duda a pour sa part mis en garde contre le négationnisme et le révisionnisme historique, après avoir récemment reproché à son homologue russe Vladimir Poutine d'accuser à tort la Pologne de collusion avec Adolf Hitler et d'avoir contribué au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

Plusieurs chefs d'État, dont les présidents d'Israël, d'Allemagne et d'Ukraine, ont participé à la commémoration, ainsi que le Premier ministre français. La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga représentait la Suisse. Les États-Unis et la Russie ont eux envoyé des représentants d'un rang inférieur.

Les Alliés savaient

Si le monde n'a appris toute l'étendue des horreurs qu'après l'entrée de l'Armée rouge dans le camp d'Auschwitz le 27 janvier 1945, les Alliés disposaient bien avant d'informations détaillées sur le génocide des Juifs.

Mais malgré les "fortes demandes" de la résistance polonaise et juive en vue d'un bombardement des voies ferrées menant à Auschwitz et à d'autres camps de la mort, "l'attitude des militaires alliés consistait à se concentrer sur des cibles militaires et non sur des questions civiles", explique le professeur Norman Davies, un historien britannique d'Oxford.

ats, afp

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