La Liberté

14.02.2018

Boris Johnson dénigre l'UE pour mieux rassembler sur le Brexit

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson doit prononcer mercredi un discours pour rassurer les opposants au Brexit. Sa prise de parole sera suivie d'une série d'interventions de membres du gouvernement, y compris de sa cheffe Theresa May (archives). © KEYSTONE/AP European Pressphoto Agency Pool/NARONG SANGNAK
Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson doit prononcer mercredi un discours pour rassurer les opposants au Brexit. Sa prise de parole sera suivie d'une série d'interventions de membres du gouvernement, y compris de sa cheffe Theresa May (archives). © KEYSTONE/AP European Pressphoto Agency Pool/NARONG SANGNAK


14.02.2018

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s'est posé mercredi en rassembleur d'un pays profondément divisé par le Brexit. Il n'a toutefois pas pu s'empêcher de dénigrer l'Union européenne.

"Le succès du Brexit dépendra de ce que nous en ferons. Et ensemble, nous en ferons un succès", a-t-il déclaré dans un discours prononcé à Londres, dans une volonté de tendre la main à ceux qui ont voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. "Au fil du temps, ce projet peut unir ce pays", a-t-il assuré.

Boris Johnson, qui s'affiche depuis la campagne du référendum sur l'appartenance à l'UE comme l'un des leaders du camp pro-Brexit, a d'abord tenté de rassurer ses opposants sur les conséquences économiques et sécuritaires du retrait. Il a refusé l'image d'un Royaume-Uni refermé sur lui-même.

"Il ne s'agit pas d'un bras d'honneur adressé depuis les falaises de Douvres", a-t-il affirmé. "La question n'est pas de revenir au système autarcique des années 1950", mais seulement de "reprendre le contrôle de nos frontières et de nos lois".

"Etat européen global"

Alors que la société britannique reste profondément divisée sur le sujet et que le gouvernement peine à se mettre d'accord sur la mise en oeuvre du retrait, Boris Johnson a mis en garde les opposants au Brexit. Il a estimé que revenir en arrière sur la sortie de l'UE provoquerait un "sentiment permanent et ineffaçable de trahison".

Il a également adressé de nombreuses critiques à l'UE, estimant que "l'objectif de créer un Etat européen global" ne correspondait pas à "l'ambition" du Royaume-Uni et son "désir légitime d'autonomie gouvernementale". Il a dénigré le fonctionnement des institutions européennes, qu'il a jugées "complexes et obscures".

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a réagi à ces propos. Il a affirmé que l'idée d'un "Etat européen global" était un "non-sens total".

M. Johnson s'est également attiré les critiques de plusieurs élus britanniques, parfois au sein de son propre parti. La députée conservatrice Anna Soubry a ainsi estimé qu'il n'avait pas "compris les véritables inquiétudes posées par le Brexit". Le ministre s'est d'ailleurs bien gardé de répondre aux questions en suspens sur l'après-Brexit, notamment sur les droits des citoyens européens installés au Royaume-Uni, qui "font encore l'objet de discussions".

Série de discours

Son discours doit être le premier d'une série d'interventions de membres du gouvernement, y compris sa cheffe Theresa May, qui doit exposer sa vision des futures relations avec l'UE. Le Royaume-uni n'a toujours pas défini sa position dans les négociations avec Bruxelles sur leur future relation commerciale et n'est pas non plus d'accord sur les modalités de la période de transition qu'il a réclamée après le Brexit, prévu le 29 mars 2019.

L'exécutif est déchiré entre les partisans d'une franche rupture avec les 27, parmi lesquels Boris Johnson et le ministre de l'Environnement Michael Gove, et ceux qui veulent maintenir des liens forts avec l'UE, en particulier Philip Hammond, le ministre des Finances.

Habitué à se poser en challenger de la première ministre Theresa May, Boris Johnson est cette fois-ci rentré dans le rang. Il a expliqué qu'il avait "entièrement confiance" dans l'assurance qu'elle a donné de parvenir à "un bon accord commercial" entre le Royaume-Uni et l'UE.

ats, afp

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