La Liberté

20.09.2018

Brexit: l'UE accroît la pression sur Londres dans le sprint final

Les leaders européens réunis jeudi à Salzbourg en Autriche. Au menu: encore et toujours le Brexit et la crise migratoire. © Keystone/EPA/CHRISTIAN BRUNA
Les leaders européens réunis jeudi à Salzbourg en Autriche. Au menu: encore et toujours le Brexit et la crise migratoire. © Keystone/EPA/CHRISTIAN BRUNA
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de la conférence de presse finale du sommet informel de Salzbourg. © KEYSTONE/APA/APA/BARBARA GINDL
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de la conférence de presse finale du sommet informel de Salzbourg. © KEYSTONE/APA/APA/BARBARA GINDL


20.09.2018

Les dirigeants européens ont accru jeudi la pression sur la Première ministre britannique Theresa May. Ils l'exhortent à revoir sa copie pour finaliser les négociations du Brexit bloquées par le dossier irlandais. Londres présentera sous peu de nouvelles propositions.

Même s'ils ont salué des évolutions "positives" du Royaume-Uni et une meilleure "atmosphère" dans la préparation du divorce, prévu fin mars 2019, les 27 ont surtout demandé à la dirigeante conservatrice d'améliorer ses récentes propositions, lors d'un sommet à Salzbourg (Autriche).

Le cadre proposé "ne fonctionnera pas, ne serait-ce que parce qu'il saperait les fondements du marché intérieur" de l'Union, a dit le président du Conseil européen Donald Tusk à l'issue de la rencontre. Les propositions britanniques ne sont "pas acceptables en l'état", car elles "ne sont pas respectueuses de l'intégrité du marché unique", a renchéri le président français Emmanuel Macron.

"Seule option crédible"

Mme May a répliqué que son plan dit de "Chequers" restait "la seule proposition sérieuse et crédible" sur la table, permettant de garantir à long terme qu'une nouvelle frontière physique n'allait pas réapparaître entre l'Irlande du Nord et l'Irlande.

"Nous présenterons bientôt nos propres propositions", a-t-elle toutefois ajouté, pour régler le problème irlandais, devenu le principal risque d'échec des négociations, et d'aboutir à un départ britannique sans accord.

L'épine irlandaise

Londres et Bruxelles ont trouvé des compromis sur la plupart des questions à régler avant leur rupture programmée, notamment celle de la facture à régler par Londres. Mais ils continuent de buter sur certains points, et principalement sur cette question irlandaise.

Les deux parties sont d'accord pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, mais Londres conteste les termes du "filet de sécurité" ("backstop") réclamé par l'UE pour garantir ce résultat.

Les 27 préconisent le maintien de l'Irlande du Nord dans l'union douanière s'il n'y a pas d'autre solution satisfaisante. Une solution jugée "inacceptable" en l'état par Londres, car elle créerait à ses yeux une frontière de fait entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Mme May continue elle de défendre son plan de Chequers: le maintien d'une relation commerciale étroite avec l'UE après le divorce, grâce à la mise en place d'une zone de libre-échange pour les biens, qui résoudra de fait selon elle le problème de la frontière irlandaise.

Besoin de créativité

Pour les Européens, cette solution relève de la relation future avec Londres, qui devra être négociée dans le détail après les termes du divorce. Et surtout, elle est contraire aux règles européennes, qui lient la liberté de circulation des biens à celle des personnes.

"On peut encore faire preuve de beaucoup de créativité pour trouver des solutions réalisables en pratique, satisfaisantes et solides", a estimé Angela Merkel. "Mais il y a encore un certain chemin à parcourir", a ajouté la chancelière allemande.

Son homologue autrichien Sebastian Kurz avait assuré dans la matinée qu'un sommet extraordinaire serait organisé en novembre pour finaliser les discussions, en plus d'un sommet déjà prévu le 18 octobre, initialement censé boucler les négociations.

Mais M. Tusk a précisé que son principe n'était pas gravé dans le marbre. Il a expliqué qu'il convoquerait ce sommet s'il apparaissait nécessaire pour "finaliser" légalement l'accord de retrait.

Négociations avec l'Egypte

Avant le déjeuner à 27 consacré au Brexit jeudi, les dirigeants européens ont débattu dans la matinée de questions de sécurité, comme la coopération policière ou la lutte contre les contenus terroristes sur internet.

Les Européens sont par ailleurs convenus d'engager des négociations avec l'Egypte et d'autres pays d'Afrique du Nord pour lutter contre les départs clandestins de migrants vers l'Europe, selon M. Kurz. L'UE reste toutefois divisée sur la répartition des réfugiés entre pays membres et sur les modalités du renforcement de sa force de gardes-frontières.

ats, afp

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