La Liberté

11.02.2019

Canada: 43 "esclaves modernes" mexicains libérés par la police

Les travailleurs mexicains avaient été attirés au Canada par des trafiquants qui, moyennant le versement d'une forte somme d'argent, leur promettaient qu'ils pourraient soit y étudier, soit y obtenir des visas de travail (photo symbolique). © KEYSTONE/AP/REBECCA BLACKWELL
Les travailleurs mexicains avaient été attirés au Canada par des trafiquants qui, moyennant le versement d'une forte somme d'argent, leur promettaient qu'ils pourraient soit y étudier, soit y obtenir des visas de travail (photo symbolique). © KEYSTONE/AP/REBECCA BLACKWELL


11.02.2019

Quarante-trois Mexicains réduits à l'état d'"esclaves des temps modernes" au Canada ont retrouvé leur liberté, a annoncé lundi la police de l'Ontario. Ils étaient forcés à travailler presque gratuitement dans des hôtels.

Les travailleurs, des hommes pour la plupart, avaient été attirés au Canada par des trafiquants. Ceux-ci, moyennant le versement d'une forte somme d'argent, leur promettaient qu'ils pourraient soit y étudier, soit y obtenir des visas de travail et à terme un statut de résidents permanents.

Mais une fois sur place, ils étaient logés dans des "conditions sordides" dans des villes du centre et de l'est de la province de l'Ontario, et forcés de travailler comme hommes ou femmes de ménage dans des hôtels de la région, a expliqué la police lors d'une conférence de presse.

"Forme moderne d'esclavage"

Les deux responsables d'une société de nettoyage de la région de Barrie (Ontario), qui travaillaient avec des établissements hôteliers de la région, sont dans le collimateur des enquêteurs, même s'ils n'ont pas été arrêtés. La police recherche d'autres suspects et des inculpations pourraient être annoncées dans les prochains jours.

"Le trafic d'êtres humains est une forme moderne d'esclavage", a expliqué à la presse le commissaire-adjoint Rick Barnum. "L'exploitation est au coeur de ce délit".

Les travailleurs devaient payer leur logement, leur nourriture et le transport vers leurs lieux de travail. Leur salaire était contrôlé par leurs employeurs, qui leur laissaient parfois moins de 50 dollars (38 francs) chaque mois pour vivre.

"Impensable"

"Il est impensable que cela ait pu se passer dans notre communauté", a ajouté la responsable de la police de Barrie, Kimberley Greenwood. A l'issue d'une enquête qui a mobilisé quelque 250 policiers, les Mexicains ont pu retrouver la liberté la semaine dernière. Selon M. Barnum, l'une des victimes a confié à la police: "hier je me suis couché en esclave. Ce matin, je me réveille en homme libre".

Tous ces travailleurs étaient en situation régulière, a souligné la police. Ces derniers jours, ils se sont vu proposer un travail et ont été relogés dans la région de Barrie.

ats, afp

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