La Liberté

25.04.2019

Caritas demande de l'argent à la Confédération pour la Syrie

Les Syriens doivent pouvoir reconstruire leurs maisons détruites au cours des huit ans de la guerre (image symbolique). © KEYSTONE/AP/SERGEI GRITS
Les Syriens doivent pouvoir reconstruire leurs maisons détruites au cours des huit ans de la guerre (image symbolique). © KEYSTONE/AP/SERGEI GRITS


25.04.2019

Caritas Suisse ne veut pas oublier la Syrie. La Suisse doit participer à la reconstruction. L'association demande d'investir 20 millions de francs par an dans le secteur de la construction. Et ce durant dix ans.

L'argent nécessaire est disponible, écrit Caritas dans un communiqué diffusé jeudi. Ces dernières années, les dépenses de la Suisse en matière de coopération publique au développement ont continuellement diminué. De presque 400 millions de francs dans le domaine de l'asile, souligne l'association.

Sur place

Cet argent doit être mis à disposition sur place, en Syrie et dans les pays voisins au Liban et en Jordanie. Sur le plan économique, la construction sera un secteur de première importance ces 25 prochaines années.

Des millions de bâtiments ont été détruits au cours des huit années de guerre, écrit Caritas. S'il ne s'agit plus de se battre au quotidien pour sa survie, les Syriens se demandent où habiter et travailler. L'organisme demande au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) un engagement pour l'enseignement dans le domaine de la construction.

Le DFAE pourrait par exemple construire, en Jordanie et au Liban en collaboration avec les autorités sur place, des centres de formation pour des maçons, des charpentiers, des installateurs sanitaires, des peintres ou des électriciens. Une collaboration avec des entreprises suisses s'impose.

"Il est absolument nécessaire de remettre ces bâtiments en état pour les rendre vraiment habitables", explique Martin Flügel, responsable politique et affaires publiques. De nombreux jeunes syriens, jordaniens et libanais n'ont pas de formation à cause de la guerre. Parfois, ils n'ont même pas terminé l'école, ajoute-t-il.

Sans formation

De plus, il manque aujourd'hui un grand nombre de professionnels formés, des gens qui, avant la guerre, dirigeaient des entreprises et formaient des apprentis, souligne encore M. Flügel. Ils ont été tués ou ont fui. La production industrielle s'est complètement effondrée. Le marché du travail se restructure complètement.

Une formation dans la construction peut aider les personnes en Syrie à reconstruire leur maison, mais leur donne aussi une perspective et un salaire pour les décennies à venir. Caritas prévoit d'élargir son aide et de proposer des formations proches de la pratique, avec la possibilité de gagner de l'argent immédiatement.

L'organisation veut aussi aider lors de la création d'entreprises, notamment avec des crédits pour l'acquisition d'outils et de machines.

Reconnaître comme réfugiés

Caritas pose encore d'autres revendications. Les quelque 8000 Syriens qui vivent encore en Suisse avec le statut de personne admise à titre provisoire doivent bénéficier du statut de réfugié afin de pouvoir compter sur un avenir sûr. La Confédération doit soutenir financièrement les systèmes sociaux en Jordanie et au Liban.

Pour l'organisation, la formation de base doit aussi être fortifiée. La guerre a privé une génération entière de formation. Les bâtiments ont été détruits et l'enseignement est rare. Les systèmes scolaires du Liban et de Jordanie sont débordés, explique Hugo Fasel, directeur de l'organisation. Ces deux pays accueillent cinq millions de réfugiés.

Caritas Suisse est active en Syrie depuis le début de la guerre en 2011. Elle a investi 40 millions de francs, selon le directeur. L'oeuvre de bienfaisance est surtout active dans l'aide d'urgence et s'engage pour des projets d'éducation. 11,7 millions de personnes dépendent encore de l'aide humanitaire simplement pour survivre.

ats

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