La Liberté

22.07.2019

Clôture des votes du Parti conservateur britannique

Sauf énorme surprise, Boris Johnson devrait être proclamé vainqueur mardi dans la course à la succession de Theresa May. © KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER
Sauf énorme surprise, Boris Johnson devrait être proclamé vainqueur mardi dans la course à la succession de Theresa May. © KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER


22.07.2019

La course à la succession de la Première ministre britannique Theresa May s'est achevée lundi avec la clôture des votes des membres du Parti conservateur. Sauf énorme surprise, c'est le champion du Brexit Boris Johnson qui devrait être proclamé vainqueur mardi.

Favori des militants conservateurs, l'ex-maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères fait moins l'unanimité parmi les personnalités du parti, en particulier dans le camp europhile qui a affiché sa volonté de lui donner du fil à retordre s'il persiste dans sa menace de quitter l'Union européenne sans accord de divorce. Un autre dossier risque d'assombrir ses premiers jours sur la plus haute marche du gouvernement: la crise diplomatique avec l'Iran.

"BoJo", de son surnom, 55 ans, est donné gagnant face à Jeremy Hunt, 52 ans, l'actuel chef de la diplomatie britannique, par les sondages comme par les bookmakers. Selon une enquête d'opinion publiée par le blog conservateur ConservativeHome, il raflerait 73% des suffrages des 160'000 membres du parti tory. Le vote s'est clos à 16H00 et les résultats seront proclamés mardi matin.

Le vainqueur sera désigné chef du Parti conservateur et se présentera mercredi devant la reine Elizabeth II, qui lui confiera la responsabilité de former le gouvernement.

Pays profondément divisé

Il lui incombera alors de réussir là où Theresa May a échoué : mettre en oeuvre le Brexit, dans un pays toujours profondément divisé sur la question, trois ans après le référendum du 23 juin 2016.

Le futur chef du gouvernement devra aussi gérer un autre dossier brûlant: l'arraisonnement vendredi par l'Iran du Stena Impero, un pétrolier battant pavillon britannique, à l'origine de nouvelles tensions dans le Golfe.

Populaire auprès des militants en raison de son humour et de ses excentricités, Boris Johnson suscite en revanche une profonde inimitié chez les adversaires du Brexit, nombre d'entre eux considérant son ralliement à la sortie de l'UE, quelques mois avant le référendum de 2016, comme un moyen d'assouvir ses ambitions personnelles.

En témoignent les dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies samedi dans les rues de Londres pour dire "Oui à l'Europe" et "Non à Boris".

L'UE et la Lune

Pour l'emporter, Boris Johnson joue la carte de sauveur du Brexit, prévu initialement le 29 mars mais repoussé au 31 octobre, et vante sa détermination, son "optimisme": "Là où il y a de la volonté, il y a une solution", déclare-t-il.

Jamais avare de métaphores grandiloquentes, il a entrepris lundi une comparaison entre le processus de Brexit et le premier pas sur la Lune. "S'ils ont pu revenir dans l'atmosphère terrestre en 1969 avec un code informatique tricoté main, nous pourrons résoudre le problème d'un commerce sans frictions à la frontière nord-irlandaise", a-t-il écrit dans sa sans doute dernière tribune avant un moment dans le quotidien Telegraph.

La frontière sur l'île d'Irlande, entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, membre de l'UE, constitue le principal point d'achoppement du processus de Brexit.

Pour Boris Johnson, pas question de reporter une nouvelle fois le Brexit, quitte à sortir sans accord ("no deal") si l'UE refuse de rouvrir les négociations, comme elle l'a déjà fait savoir.

Cette perspective, redoutée par les milieux économiques, est loin de faire l'unanimité chez les conservateurs.

Démission dans l'air

Dimanche, le ministre des Finances Philip Hammond a annoncé qu'il mettrait un point d'honneur à démissionner en cas de victoire de Boris Johnson, contre lequel il semble vouloir prendre la tête de la rébellion au parlement. Deux jours plus tôt, il avait affirmé qu'il ferait "tout" pour empêcher une sortie sans accord, ne semblant pas exclure de contribuer à faire tomber le gouvernement de Boris Johnson.

Le ministre de la Justice David Gauke lui a emboîté le pas, en annonçant sa démission dimanche. Lundi matin, c'était au tour du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Alan Duncan, qui n'a jamais caché son mépris pour les talents diplomatiques de Boris Johnson, de faire de même.

"Je crains fortement qu'il n'agisse au doigt mouillé", a-t-il déclaré lundi sur la BBC avant de prédire à M. Johnson "une grave crise gouvernementale".

ats, afp

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