La Liberté

21.04.2019

Dans l'apathie, la Macédoine du nord désigne son président

Une électrice arrive au bureau de vote pour désigner le futur président de Macédoine du Nord. © Keystone/AP/BORIS GRDANOSKI
Une électrice arrive au bureau de vote pour désigner le futur président de Macédoine du Nord. © Keystone/AP/BORIS GRDANOSKI


21.04.2019

La Macédoine du Nord votait dimanche pour désigner son président. Ce premier tour était marqué par un risque d'abstention massive susceptible d'invalider l'élection, signe du divorce entre citoyens et politiques trois mois après le changement de nom du pays.

Trois candidats étaient en lice: celui de la gauche au pouvoir, Stevo Pendarovski, celle de l'opposition de droite, Gordana Siljanovska-Davkova, et le représentant de la communauté albanaise Belrim Reka. Les sondages, sujets à caution, donnent une légère avance à M. Pendarovski et prévoient un second tour le 5 mai contre la candidate de la droite.

"Je suis venue faire mon devoir en votant. Mais je ne pense pas que cela puisse avoir une quelconque signification. Pour nous, simples mortels, cela ne changera rien", a dit après avoir voté Pavlina Gosheva, 53 ans, une infirmière de Skopje, résumant le sentiment majoritaire.

Changement de nom

Si le rôle du président est honorifique, il s'agit du premier scrutin depuis que le petit pays balkanique s'est rebaptisé "Macédoine du nord", en vertu d'un accord avec la Grèce salué en Occident, notamment par les responsables de l'Union européenne.

En échange, Athènes, qui estimait que "Macédoine" était le nom exclusif de sa province autour de Thessalonique, a levé son veto à l'adhésion de son voisin à l'Otan et à l'ouverture de négociations avec l'UE, espérée pour juin. Le nom du Premier ministre Zoran Zaev a été évoqué comme lauréat potentiel du Nobel de la Paix, avec son homologue grec Alexis Tsipras.

Précarité économique

Cet enthousiasme n'a pas été contagieux auprès des 1,8 million d'électeurs, dont beaucoup restent mécontents de ce nouveau nom perçu comme le fruit d'un diktat de l'étranger. Surtout, la plupart sont d'abord préoccupés par un quotidien difficile marqué par la précarité économique.

Le pays reste enlisé dans le marasme économique avec plus de 20% de chômage, un salaire moyen qui stagne à 400 euros et un exode massif de sa population, épuisée par la corruption, le clientélisme et le népotisme.

L'apathie est telle qu'il n'est pas certain que le scrutin accouche d'un successeur au nationaliste Gjorge Ivanov, faute d'atteindre la barre requise des 40% de participation pour valider le scrutin. Ce seuil n'avait pas été atteint en septembre, lors du référendum consultatif sur le changement de nom.

En cas de répétition du vote, reconnaît Zoran Zaev, cela ouvrirait "une nouvelle crise politique" dans ce pays fragile, avec de possibles élections anticipées.

Ouvert à 07h00 (locales et suisses), le scrutin devait se clore à 19h00. Les premiers résultats étaient attendus dans la soirée.

ats, afp

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