La Liberté

15.04.2019

Des achats transfrontaliers dans les limites du raisonnable

Un résident suisse du grand Genève ne dépense que 10% de son budget de consommation courant en France (archives). © KEYSTONE/GAETAN BALLY
Un résident suisse du grand Genève ne dépense que 10% de son budget de consommation courant en France (archives). © KEYSTONE/GAETAN BALLY


15.04.2019

Une enquête sur les habitudes de consommation dans le territoire du grand Genève, publiée lundi, apporte son lot de surprises. L'étude relève notamment que le volume d'achats effectués en France par des résidents suisses est moins élevé qu'imaginé par beaucoup.

Sur une somme de 100 euros disponible pour sa consommation courante, un ménage qui habite en Suisse en dépensera 9 dans les magasins français. Dans le sens inverse, un résident de France voisine dépensera 5 euros sur 100 en Suisse. L'enquête a été réalisée par le cabinet AID à partir d'un échantillon représentatif de 3400 ménages.

Les dépenses des résidents suisses en France s'élèvent à environ 400 millions de francs par année sur un chiffre d'affaires total des commerces du territoire du grand Genève atteignant un peu plus de 7 milliards de francs. Les résidents français, eux, consomment pour 150 millions de francs par année auprès des enseignes suisses.

La mobilité préoccupe

La fuite du chiffre d'affaires de l'autre côté de la frontière est bien réelle, même si en volume, le phénomène n'a rien de "dramatique", a noté le président du Conseil d'Etat genevois Antonio Hodgers. Le magistrat s'est en revanche montré plus préoccupé par les questions de mobilité liées à ces achats transfrontaliers.

Dans ce domaine, la voiture est reine. Selon M.Hodgers, cette enquête doit permettre aux autorités des deux côtés de la frontière, de mieux se coordonner en matière de développement de commerces. L'objectif serait de favoriser autant que possible la mobilité douce et les transports en commun.

Une telle réflexion doit se faire par exemple avec le Léman Express. Les pendulaires ne devraient pas être incité à garder leur voiture uniquement dans la perspective de faire leurs courses en rentrant du travail. Il faudra faire en sorte que la notion de proximité demeure un atout, a souligné le conseiller d'Etat Pierre Maudet.

Equilibre souhaité

Du côté français, on est pleinement conscient des défis qui se présentent. Certaines grandes surfaces, très proches de la frontière, dépendent à 50% de la clientèle suisse et sont très exposées à des variations du taux de change ou des difficultés que pourraient rencontrer l'économie genevoise.

Il faut être vigilants et ne pas ajouter de centres commerciaux dans ces endroits déjà fragiles, a relevé le vice-président du pôle métropolitain du genevois français Pierre-Jean Crastes. Ce dernier ne veut pas plus que la France devienne le super marché du canton de Genève et n'ait que des emplois dans la distribution à proposer.

ats

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