La Liberté

19.08.2018

Des milliers d'opposants défilent contre le président du Nicaragua

Le président Daniel Ortega assure que la situation du pays est redevenue "normale". "Rien n'est normal" au Nicaragua, ont répondu les manifestants samedi, qui comptent poursuivre la mobilisation en dépit des menaces jusqu'au départ du président. © KEYSTONE/EPA EFE/RODRIGO SURA
Le président Daniel Ortega assure que la situation du pays est redevenue "normale".
"Rien n'est normal" au Nicaragua, ont répondu les manifestants samedi, qui comptent poursuivre la mobilisation en dépit des menaces jusqu'au départ du président. © KEYSTONE/EPA EFE/RODRIGO SURA


19.08.2018

Des milliers de Nicaraguayens ont défilé samedi à Managua. Ils réclament le départ du président Daniel Ortega et la fin de la persécution et de l'emprisonnement de citoyens. La crise a débuté il y a quatre mois et a fait plus de 300 morts.

"Liberté, si le président ne part pas, nous le chasserons !", ont scandé les manifestants qui ont défilé pacifiquement en brandissant des drapeaux nicaraguayens dans les rues du sud-ouest de la capitale et au son de chants révolutionnaires et des vuvuzelas. "Nous voulons que Daniel Ortega s'en aille", a déclaré à l'AFP Juan Silva, 31 ans, le visage dissimulé derrière une écharpe.

"Nous défilons pour dire au gouvernement que nous nous opposons aux abus qu'il commet, que nous voulons vivre en liberté", a ajouté à ses côtés Maria Guevara, 49 ans.

La manifestation était organisée à l'appel de l'Alliance civique pour la justice et la démocrate, coalition d'opposition qui regroupe des étudiants, des chefs d'entreprise et des représentants de la société civile, quatre mois jour pour jour après le début des marches antigouvernementales, le 18 avril.

Par la force

Les manifestations de l'opposition ont commencé contre une réforme de la sécurité sociale - abandonnée depuis - pour se durcir ensuite et s'étendre à tout le pays en réaction à une violente répression, qui a fait plus de 300 morts.

En juillet, les forces anti-émeutes et paramilitaires ont repris par la force le contrôle de villes et artères occupées par les manifestants, avant qu'une vague de répression ne s'abatte sur les opposants.

Depuis, des milliers de Nicaraguayens ont fui le pays pour se réfugier notamment au Costa Rica voisin de peur d'être interpellés. Des centaines d'autres ont été arrêtés pour "terrorisme" et d'autres délits retenus par le parquet contre les participants aux manifestations.

Situation "normale"

Daniel Ortega, 72 ans, ex-leader de la révolution sandiniste au pouvoir de 1979 à 1990 avant de revenir en 2007, accuse ses opposants de faire partie d'un plan financé par les Etats-Unis pour s'emparer du pouvoir par la force. Le président assure que la situation du pays est redevenue "normale".

"Rien n'est normal" au Nicaragua, ont répondu les manifestants samedi, qui comptent poursuivre la mobilisation en dépit des menaces jusqu'au départ du président.

Les opposants à Daniel Ortega l'accusent de corruption, de népotisme et d'avoir instauré une dictature avec son épouse Rosario Murillo, qui est vice-présidente. Ils demandent que l' élection présidentielle prévue en 2021 soit avancée au mois de mars 2019, ce que refuse M. Ortega.

Les partisans aussi

Dans un autre point de la capitale, des milliers de partisans du parti sandiniste au pouvoir ont marché jusqu'à l'avenue Bolivar pour réclamer que les manifestants antigouvernementaux soient punis pour leurs "crimes".

"Il faut que les terroristes paient", a déclaré la militante sandiniste Julia Betancourt à un media gouvernemental. Le gouvernement reconnaît 198 morts au cours des manifestations, en imputant la responsabilité aux manifestants.

"Toute notre population réclame justice" pour ces morts, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Denis Moncada au cours de ce rassemblement militant de masse. Les partisans du pouvoir ont signé une lettre adressée au président Ortega pour lui demander de traduire devant les tribunaux les représentants du "terrorisme putschiste". Le rassemblement s'est conclu par des chansons en hommage à Daniel Ortega.

Ingérence

Par ailleurs, le gouvernement nicaraguayen a accusé samedi la Commission interaméricaine des Droits humains (CIDH) d'élaborer des rapports avec des "critères biaisés et partiaux" concernant la situation mouvementée du pays. Il l'accuse aussi de soutenir "les politiques d'ingérence" des Etats-Unis.

Dans ce document, qui n'est adressé à aucune entité précise, le ministère "exige que cesse la participation de la CIDH à la campagne politique et médiatique, de mensonges, d'insinuations, d'épithètes, et de stigmatisation à l'encontre" du gouvernement de Daniel Ortega.

Le gouvernement nicaraguayen accuse la CIDH d'avoir appuyé ses rapports sur des chiffres "manipulés par les auteurs et les exécutants de la tentative de coup d'État, en leur donnant toute crédibilité".

ats, afp

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