La Liberté

18.09.2020

Des plantes contiennent du venin ressemblant à celui des scorpions

Les chercheurs de l'université du Queensland ont découvert une nouvelle classe de mini-protéines neurotoxiques, qu'ils ont baptisées "gympiétides" (archives). © KEYSTONE/AP John Cairns
Les chercheurs de l'université du Queensland ont découvert une nouvelle classe de mini-protéines neurotoxiques, qu'ils ont baptisées "gympiétides" (archives). © KEYSTONE/AP John Cairns
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18.09.2020

L'Australie compte un grand nombre d'espèces animales particulièrement dangereuses auxquelles vient désormais s'ajouter une plante qui secrète du venin ressemblant à celui des scorpions. Elle peut provoquer des douleurs atroces durant des semaines.

Il suffit d'effleurer une feuille de la dendrocnide pour ressentir une douleur insoutenable, indique une étude publiée jeudi dans la revue Sciences Advances. Cette sorte d'ortie, que l'on trouve également dans certaines forêts des Etats-Unis et d'Europe, est connue sous le nom indigène de gympie-gympie.

Mais l'espèce de dendrocnide que l'on trouve en Australie, notamment dans la forêt tropicale du nord-est de l'Etat du Queensland, produit une toxine bien plus puissante. Très connue des randonneurs, elle possède de larges feuilles ovales ou en forme de coeur.

Une équipe de scientifiques australiens affirme mieux comprendre les raisons pour lesquelles une piqûre de gympie-gympie produit une douleur aussi intense.

Des heures de douleur

Les victimes racontent comment au départ, elles ont ressenti "une sensation de brûlure, puis au fil des heures une douleur rappelant celle ressentie, quand une partie du corps est coincée dans une portière de voiture qui a été claquée", ont indiqué jeudi des chercheurs de l'université du Queensland. Vers la fin, qui semble interminable, le seul fait de prendre une douche peut raviver la douleur.

Le gympie-gympie est couvert de poils très fins en forme d'aiguille, semblables à ceux d'autres orties. Des essais visant à détecter la présence des agents irritants les plus répandus, comme les histamines, n'avaient jusqu'à présent rien donné.

Irina Vetter, professeure associée au sein de l'institut de la biologie moléculaire de l'université du Queensland, a affirmé qu'une équipe de chercheurs a découvert une nouvelle classe de mini-protéines neurotoxiques, qu'ils ont baptisées "gympiétides".

"Même si elles proviennent d'une plante, les 'gympiétides' sont similaires aux toxines des araignées et des escargots de mer coniques dans la façon dont elles se replient dans leurs structures moléculaires 3D et ciblent les mêmes récepteurs de la douleur, ce qui fait sans doute du gympie-gympie une plante vraiment venimeuse", selon elle.

Mme Vetter estime que la douleur provoquée par cette plante pourrait s'expliquer par le fait que les gympiétides modifient en permanence la composition chimique des neurones sensoriels affectés et non par le fait que ses poils restent dans la peau.

ats, afp

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