La Liberté

19.09.2017

Donald Trump s'en prend à la Corée du Nord et à l'Iran

C'était la première intervention de Donald Trump devant l'Assemblée générale de l'ONU. © Keystone/AP/EVAN VUCCI
C'était la première intervention de Donald Trump devant l'Assemblée générale de l'ONU. © Keystone/AP/EVAN VUCCI
Donald Trump a averti qu'il "placerait toujours l'Amérique d'abord" et que l'armée américaine serait "bientôt plus forte que jamais". © KEYSTONE/EPA/PETER FOLEY
Donald Trump a  averti qu'il "placerait toujours l'Amérique d'abord" et que l'armée américaine serait "bientôt plus forte que jamais". © KEYSTONE/EPA/PETER FOLEY


19.09.2017

Le président américain Donald Trump a tenu mardi un discours belliqueux devant l'Assemblée générale de l'ONU. Egalement présente à New York, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a plaidé en faveur d'une ONU "forte" et "performante".

Alors que le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait ouvert les débats en plaidant pour un "monde sans armes nucléaires" et une "solution politique" à la crise coréenne, le président américain s'en est pris violemment au "régime vicieux" de Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un s'est embarqué dans "une mission-suicide", a lancé le président américain, le qualifiant à nouveau d'"homme-fusée".

Dénonçant les "Etats voyous" qui "violent tous les principes sur lesquels reposent les Nations unies", Donald Trump a également attaqué l'Iran. Il a à nouveau dénoncé l'accord signé par les grandes puissances avec Téhéran pour encadrer le programme nucléaire de ce pays et s'assurer qu'il ne serve pas à le doter de l'arme atomique.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a aussitôt dénoncé un "discours de haine" tandis que son président Hassan Rohani, qui s'exprimera mercredi à la tribune de l'ONU, a estimé que plus personne ne fera confiance aux Etats-Unis si Washington se retire de l'accord. A l'inverse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué le discours "le plus courageux" jamais entendu "en plus de trente ans d'expérience avec l'ONU".

Vision unilatéraliste

Pyongyang et Téhéran sont les "deux bêtes noires" des Etats-Unis depuis l'arrivée à la Maison Blanche en janvier du milliardaire américain. Parmi ses autres cibles, le Venezuela. Le président américain a dénoncé une "situation inacceptable" dans la "dictature socialiste" du président Nicolas Maduro.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne lui a répondu en l'accusant de reprendre des théories "racistes".

Donald Trump, qui avait salué lundi les nobles objectifs de multilatéralisme de l'ONU tout en dénonçant sa "bureaucratie", a également averti qu'il "placerait toujours l'Amérique d'abord" et que l'armée américaine serait "bientôt plus forte que jamais". Des pays "indépendants" et "forts" sont à la base de l'ordre mondial, a-t-il fait valoir, défendant une vision unilatéraliste du monde.

Pas de chacun pour soi

Par contraste, Antonio Guterres a averti contre le risque de guerre avec la Corée du Nord et appelé, en début de journée, le Conseil de sécurité "à maintenir son unité" car "seule l'unité permettra de dénucléariser la Péninsule coréenne et (...) créer la possibilité d'un engagement diplomatique pour résoudre la crise".

Au rang des autres orateurs s'exprimant mardi à la tribune des Nations Unies figurait notamment la présidente de la Confédération, Doris Leuthard. Elle a plaidé en faveur d'une ONU "forte" et "performante". "Le 'chacun pour soi' n'est pas une option envisageable".

Accord pas renégocié

S'exprimant pour la première fois dans l'hémicycle des 193 Etats membres des Nations unies, le président français Emmanuel Macron s'est lui fait le chantre d'un "multilatéralisme" plus efficace, s'opposant clairement à son homologue américain sur plusieurs sujets-clés, dont l'Iran et le climat.

Outre le texte sur l'Iran, le président français a défendu l'accord de Paris de 2015 sur le climat et visant à limiter le réchauffement de la planète: il "ne sera pas renégocié" malgré le retrait américain, a-t-il affirmé tout en laissant la porte "ouverte" aux Etats-Unis s'ils changeaient d'avis. Mais Donald Trump a passé sous silence dans son discours ce sujet crucial.

Emmanuel Macron a aussi dénoncé le "nettoyage ethnique" contre la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, une crise comparée par le Nigérian Muhammadu Buhari au génocide de 1994 au Rwanda et aux massacres de 1995 en Bosnie.

Le président français a en outre appelé de ses voeux la création d'un "groupe de contact" réunissant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et les "parties prenantes" au conflit en Syrie, pour favoriser une solution politique. Sans faire de sa destitution un préalable, le chef de l'Etat français a estimé que le président syrien Bachar al-Assad était "un criminel" qui "devra être jugé".

ats, afp

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