La Liberté

26.06.2019

Empoisonnement au Paracétamol à Zoug: recours admis

Le couple avait été condamné pour tentative d'assassinat en décembre 2017 par la Cour pénale de Zoug (archives). © KEYSTONE/URS FLUEELER
Le couple avait été condamné pour tentative d'assassinat en décembre 2017 par la Cour pénale de Zoug (archives). © KEYSTONE/URS FLUEELER


26.06.2019

Le Tribunal fédéral admet les recours du couple accusé d'avoir tenté d'assassiner le mari de madame en lui faisant absorber durant plusieurs mois des doses massives de Paracétamol. La cause est renvoyée en raison des lacunes de l'expertise médico-légale.

Le couple, une Roumaine de 38 ans et un Suisse de 45 ans au moment des faits, avait été reconnu coupable de tentative d'assassinat par le Tribunal cantonal de Zoug en décembre 2018. La femme avait écopé de 10 ans de prison et son ami de 10 ans et 8 mois.

Devant le Tribunal fédéral, les deux recourants ont contesté la valeur probante des conclusions de l'Institut de médecine légale de l'Université de Zurich (IRMZ). Dans une première expertise, les légistes indiquaient qu'il s'agissait d'une méthode nouvelle, aboutissant à une concentration en Paracétamol dépassant les 100'000 picogrammes par microgramme (pg/mg) dans les poils de la victime.

Dans un rapport complémentaire, les experts indiquaient que la valeur précédente était une estimation et que leur nouveau calcul s'établissait à 35'000 pg/mg. Les juges zougois avaient retenu une valeur de 24'000 pg/mg, que l'IRMZ considérait comme atteinte en l'espèce sans le moindre doute.

Errements

Confronté à ces errements, le Tribunal fédéral estime, dans un arrêt publié mercredi, que la cour cantonale a versé dans l'arbitraire en se fondant sur une expertise peu concluante. Elle ne pouvait, dans ces conditions, renoncer à rassembler d'autres preuves scientifiques.

Les juges de Mon Repos relèvent que, de l'aveu même de l'IRMZ, la méthode est en amélioration constante, L'analyse des cheveux par segments permet en particulier de déceler des concentrations pour différentes périodes temporelles. Ils recommandent donc à leurs collègues zougois d'exploiter ces avancées.

Les deux recourants étaient accusés d'avoir tenté d'empoisonner le mari de la Roumaine en mélangeant des doses massives de Paracétamol à sa nourriture entre la mi-mai et la fin août 2016. Ils espéraient ainsi provoquer une insuffisance rénale fatale chez ce gros buveur.

Outre l'expertise médico-légale, le Ministère public avait brandi des milliers de messages où les deux accusés discutaient des moyens et des produits les plus adéquats. La défense avait parlé d'idées fantaisistes que le couple aimait partager.

La découverte du pot aux roses avait empêché les deux complices de mener à bien leur projet. Le mari avait survécu mais était décédé d'une crise cardiaque durant le procès de première instance en décembre 2017 devant la Cour pénale de Zoug. (arrêt 6B_1323/2018 et 6B_51/2019 du 12 juin 2019)

ats

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