La Liberté

15.05.2019

EPFL: il faut quantifier la pollution transportée par nos vêtements

Les vêtements absorbent et libèrent chaque jour quantité de produits chimiques et de particules biologiques potentiellement toxiques. Un phénomène qui a été très peu étudié jusqu'ici (archives). © KEYSTONE/PETER KLAUNZER
Les vêtements absorbent et libèrent chaque jour quantité de produits chimiques et de particules biologiques potentiellement toxiques. Un phénomène qui a été très peu étudié jusqu'ici (archives). © KEYSTONE/PETER KLAUNZER


15.05.2019

Les vêtements nous exposent quotidiennement à diverses particules et produits chimiques. Un problème sous-estimé qui pourrait avoir d’importants enjeux de santé publique, selon une étude de chercheurs de l'EPFL.

Bien que nos vêtements nous protègent des agressions extérieures potentielles, ils peuvent aussi absorber et libérer chaque jour des millions de produits chimiques et de particules biologiques potentiellement toxiques. Certains disparaissent pendant le lavage, le séchage et le stockage, tandis que d'autres persistent ou s'y installent, a indiqué l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) mardi dans un communiqué.

Parmi eux se trouvent des produits chimiques moléculaires ainsi que des microbes et allergènes qui finissent dans nos poumons. On peut penser aux résidus de nicotine, mais aussi aux microbes d’animaux de compagnie ou, encore, aux particules nocives liées aux secteurs agricole, médical et industriel.

Jusqu'ici, la science a montré peu d'intérêt pour ce phénomène, selon cette étude réalisée par Dusan Licina, professeur assistant tenure-track au Smart Living Lab de Fribourg. Publiée dans la revue Environmental Science and Technology, elle est basée sur 260 articles jugés pertinents.

Nombreux additifs

"Le sujet a été jusqu'à présent très peu étudié. Les vêtements et les textiles que nous portons ont pourtant énormément changé ces dernières années. Nous avons affaire à des matériaux synthétiques avec des additifs antimicrobiens, anti-UV, antitaches ou anti-eau, mais personne ne peut dire si ces vêtements nous exposent à plus de produits chimiques et de particules que les fibres naturelles", explique Dusan Licina, cité dans le communiqué.

Pour lui, les vêtements devraient porter une étiquette indiquant non seulement leur matière, mais aussi les substances utilisées au cours de leur fabrication. "Actuellement, il n'y a pas de réglementation ou de loi à ce sujet", souligne-t-il.

"Les recherches réalisées à ce jour prouvent que nos vêtements transportent des particules potentiellement toxiques qui peuvent affecter les gens à proximité. Par exemple, nous savons que les non-fumeurs présentent des traces de nicotine dans le sang et l'urine lorsqu’ils sont à proximité de fumeurs", illustre encore le chercheur.

ats

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