La Liberté

18.07.2019

Et le monument Buzz Aldrin réapparut

Edwin "Buzz" Aldrin mercredi dans le cockpit de l'avion qui l'emmenait à Huntsville, dans l'Alabama, où se trouve le Space & Rocket Center de la Nasa. © KEYSTONE/FR170769 AP/MARK VON HOLDEN
Edwin "Buzz" Aldrin mercredi dans le cockpit de l'avion qui l'emmenait à Huntsville, dans l'Alabama, où se trouve le Space & Rocket Center de la Nasa. © KEYSTONE/FR170769 AP/MARK VON HOLDEN


18.07.2019

Le suspense durait depuis 24 heures. Absent mardi en Floride, Buzz Aldrin, deuxième homme à avoir marché sur la Lune, est réapparu mercredi à Huntsville, dans l'Alabama, baptisée "Rocket City", la ville des fusées.

L'ancien astronaute, âgé de 89 ans, se fait rare. Il a abandonné mardi matin son coéquipier d'Apollo 11 Michael Collins, au centre spatial Kennedy en Floride, où ils devaient marquer tous les deux sur NASA TV le 50e anniversaire du départ de leur mission (Neil Armstrong est mort en 2012).

Mais mercredi vers 18h45, le colonel Aldrin est apparu dans le majestueux musée Space & Rocket Center, serré dans un costume bleu rayé, portant comme souvent une cravate aux couleurs du drapeau américain - et des chaussettes étoilées.

"Thank you", répond-il aux invités du dîner qui l'entourent bientôt, à une distance respectueuse. Face au géant de l'histoire, la meute s'auto-discipline.

Lui lâche des sourires crispés par intermittence, des "hello" et "okay" aux admirateurs qui osent l'approcher. Le mot est passé qu'il ne signe pas d'autographes, mais les gens dérobent des selfies sur son passage.

L'un des organisateurs profite de son rôle de guide pour le faire poser avec sa famille, un privilège. "C'est un honneur", lui lance Jenean Hampton, vice-gouverneure du Kentucky. Aldrin ne répond pas vraiment.

Tout le long de la traversée d'une centaine de mètres le séparant de sa table, il tient la main de sa compagne, Anca Faur. Visiblement essoufflé, il fait quelques arrêts pour se reposer, la main appuyée sur des chaises.

Une fois assis, sa compagne pointe la monstrueuse fusée Saturn V suspendue au-dessus de leurs têtes sur toute la longueur du hangar. "Où étais-tu?" lui demande-t-elle. Il désigne, dans la pointe, la petite capsule qui l'a emmené et ramené de la Lune.

Buzz et Mars

Les anciens astronautes ont des opinions bien tranchées sur les atermoiements et revirements du programme spatial américain depuis Apollo. En 50 ans, personne n'est jamais retourné sur la Lune, et Mars reste un rêve lointain.

Montant enfin sur le podium, "Buzz" n'a pas manqué de faire la leçon à son auditoire, des élus d'Etats impliqués dans l'industrie aérospatiale (places à partir de 395 dollars).

"Beaucoup d'entre nous qui ont suivi Neil attendent toujours le pas de géant qui devait suivre l'alunissage", lance-t-il, alternant entre plaisanteries, réflexions techniques parfois confuses, et critiques contre la Nasa.

Il a raillé la capsule Orion, qui emmènera les prochains astronautes mais ne pourra pas beaucoup manoeuvrer autour de la Lune. "En cinquante ans de développement, ce n'est pas très bien". Et il appelle à la création d'une "alliance spatiale pour la prochaine étape" rassemblant agences et entreprises spatiales. "Comme cela, on pourra rassembler ce qu'il faut pour aller sur Mars".

Après une demi-heure, un homme lui demande quoi répondre aux gens qui doutent qu'il ait marché sur la Lune. "Rejoignez la foule qui va prendre d'assaut la Zone 51. Vous y trouverez peut-être la réponse", a-t-il répondu, en référence au million de personnes inscrites à un événement Facebook d'invasion de cette zone du désert censée abriter des extra-terrestres. Puis M. Aldrin a terminé d'un salut militaire.

ats, afp

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