La Liberté

21.03.2020

Faute de marchés, les maraîchers trouvent d'autres points de vente

Christophe Bréasson, maraîcher à Puplinge (GE), a dû installer son stand dans sa ferme depuis l'interdiction des marchés alimentaires. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Christophe Bréasson, maraîcher à Puplinge (GE), a dû installer son stand dans sa ferme depuis l'interdiction des marchés alimentaires. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
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21.03.2020

En Suisse, l'interdiction des marchés alimentaires en plein air touche directement les agriculteurs. Pour compenser, les maraîchers doivent trouver d'autres solutions pour vendre leurs produits, dont la vente directe à la ferme qui cartonne.

Samedi matin, à Puplinge (GE), le parking de voitures et de vélos de la ferme de la famille Bréasson ne désemplit pas. Les vaches broutent dans le champ d'à côté, indifférentes à cette agitation. Des lignes orange au sol fixent les distances minimales entre les clients. La désinfection des mains est obligatoire avant de toucher la marchandise.

Habituellement, Christophe Bréasson, maraîcher-revendeur, installe son stand sur les marchés quatre fois par semaine. C'est désormais interdit par le Conseil fédéral, ce qui est absurde étant donné que les étals des grandes surfaces restent ouverts, constate le maraîcher. Des démarches ont été entamées pour que Berne revienne sur cette décision.

"Mais j'ai de la chance, car je peux faire le marché à la ferme, ce qui n'est pas le cas de tout le monde", explique M. Bréasson. Cet indépendant y écoule sa production de légumes de saison ainsi que des fruits et légumes qu'il se procure sans problème chez les primeurs.

Nouvelle clientèle

Le stand est abondamment garni et la pénurie ne menace pas. Malgré tout, les gens achètent de grosses quantités de légumes de base, comme les carottes, les pommes de terre et les poireaux. Depuis le début du confinement partiel, il en a vendu plus du double. Il n'y a en revanche pas de ruée sur les oeufs. "Les poules ne s'arrêtent pas de pondre", rappelle en souriant M. Bréasson.

Dans cette situation exceptionnelle, le maraîcher a considérablement augmenté sa clientèle. Les gens qui allaient faire leurs courses en France dans le supermarché qui se trouve à quelques centaines de mètres de son exploitation viennent désormais chez lui et dans les fermes de la région.

"La population doit se rendre compte qu'il faut faire vivre le pays dans lequel elle habite, et pas seulement pendant cette crise", insiste M. Bréasson. "Quelque part, ça remet l'église au milieu du village", constate le maraîcher. Travaillant en famille avec une vendeuse, il pourra tenir sans problème pendant longtemps.

Pénurie de main-d'oeuvre

Mais ce n'est pas le cas de tous les agriculteurs. "Il est essentiel de garantir la disponibilité d’une main-d’œuvre suffisante", indique samedi l'USP dans un communiqué. Or, de nombreux travailleurs saisonniers étrangers ne peuvent ou ne veulent plus venir en Suisse, relève la faîtière agricole.

L'USP tente avec ses organisations membres et les autorités fédérales d’offrir au moins à ceux qui peuvent et veulent venir travailler la possibilité d’entrer sur le territoire. L’USP propose aussi une plate-forme de placement qui permet aux exploitations d'y publier leurs offres d'emploi.

Cette plate-forme permettra aussi aux personnes interdites de travailler dans leur secteur de s’y enregistrer si elles souhaitent reprendre une activité. Le site sera lancé à l’échelle nationale la semaine prochaine.

ats

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