La Liberté

10.02.2019

Genève refuse une assurance obligatoire pour les soins dentaires

L'initiative du Parti du Travail pour une assurance obligatoire pour les soins dentaire de base a été refusée dimanche dans les urnes à Genève. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
L'initiative du Parti du Travail pour une assurance obligatoire pour les soins dentaire de base a été refusée dimanche dans les urnes à Genève. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
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10.02.2019

Genève ne veut pas d'une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base. L'initiative du Parti du Travail, soutenue par la gauche et les syndicats, a été rejetée dimanche par 54,76% des votants.

Au total, 62'284 personnes ont refusé le texte et 51'461 l'ont approuvé. Le taux de participation a atteint 43,83%. Le refus genevois est un peu moins net que celui des Vaudois en mars dernier: ils avaient rejeté une initiative similaire par 57,57%. Des textes semblables ont aussi été déposés dans les cantons de Neuchâtel, du Valais et du Tessin.

A Genève, l'initiative visait à mettre en place une assurance obligatoire et un dispositif de prévention en matière de santé buccodentaire. Elle était combattue par l'exécutif, la droite, les organisations patronales, les dentistes et les hygiénistes.

Trop cher

Présenté sans contre-projet suite au refus de ce dernier par la majorité du Grand Conseil, l'initiative prévoyait un financement par un prélèvement sur les salaires à parts égales entre employés et employeurs (environ 1%). Pour les non-actifs, c'est l'Etat qui aurait pris en charge la contribution.

Selon le Conseil d'Etat, le coût annuel de cette assurance sociale oscillait entre 150 et 260 millions par an, dont 78 à 135 millions assumés par l'Etat. Cette charge financière menaçait l'équilibre budgétaire du canton, craignait l'exécutif qui refusait également de ponctionner davantage les actifs.

Angoisse de la douleur

Selon les initiants, environ 20% de la population renoncerait à des soins dentaires faute de moyens. Ce chiffre a été contesté par les médecins-dentistes qui le fixent aux alentours de 6%. Le remboursement des soins dentaires est une question de justice sociale et de santé publique, affirmaient les initiants. Pour la majorité, le système de prévention actuel suffit et cette initiative était contre-productive.

L'Association des Médecins-Dentistes de Genève (AMDG) relevait que le renoncement au soin n'était pas uniquement lié à des contraintes financières. Des phénomènes très forts d'émotions négatives comme la peur ou l'angoisse de la douleur entrent aussi en compte, selon l'AMDG. L'association relève que les efforts de prévention ont réduit la carie de 90%.

ats

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