La Liberté

07.10.2021

GESDA: la Suisse veut éviter une "guerre froide" sur la science

Le président de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) Peter Brabeck-Letmathe souhaite que la population puisse mieux se confronter aux défis scientifiques qui vont avoir un impact sur la société (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le président de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) Peter Brabeck-Letmathe souhaite que la population puisse mieux se confronter aux défis scientifiques qui vont  avoir un impact sur la société (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le président de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) Peter Brabeck-Letmathe souhaite que la population puisse mieux se confronter aux défis scientifiques qui vont avoir un impact sur la société (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le président de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) Peter Brabeck-Letmathe souhaite que la population puisse mieux se confronter aux défis scientifiques qui vont  avoir un impact sur la société (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le vice-président de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) Patrick Aebischer et le président de cette entité Peter Brabeck-Letmathe souhaitent que la population puisse mieux se confronter aux défis scientifiques qui vont avoir un impact sur la société. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Le vice-président de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) Patrick Aebischer et le président de cette entité Peter Brabeck-Letmathe souhaitent que la population puisse mieux se confronter aux défis scientifiques qui vont  avoir un impact sur la société. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Aussi bien le conseiller fédéral Ignazio Cassis que les responsables de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) souhaitent oeuvrer à faire en sorte que les innovations scientifiques aient un impact positif sur toute la société. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Aussi bien le conseiller fédéral Ignazio Cassis que les responsables de l'Anticipateur de Genève pour la science et la diplomatie (GESDA) souhaitent oeuvrer à faire en sorte que les innovations scientifiques aient un impact positif sur toute la société. © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
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07.10.2021

La Suisse voit l'Anticipateur de Genève sur la science et la diplomatie (GESDA) en outil face à la menace d'une "guerre froide" scientifique. En ouvrant le premier sommet de cette entité, Ignazio Cassis a appelé jeudi à garantir des avancées équitables pour tous.

"Il y a un besoin urgent de saisir ce que la science et la technologie ont à offrir en termes d'anticipation, de compréhension et de solutions", a affirmé le conseiller fédéral dans un message vidéo. De quoi garantir que les avancées seront positives pour tous les citoyens, une tâche à laquelle le GESDA va contribuer.

De plus en plus, des déclarations se font entendre sur une "guerre froide" imminente entre puissances autour de la science et de la technologie, a ajouté le chef de la diplomatie suisse. Face à cette menace, le GESDA constitue un instrument pour le multilatéralisme, selon lui. Il faut une "gouvernance mondiale du 21e siècle" établie sur l'anticipation, sur des preuves et sur une approche équitable.

Dévoilé jeudi, le radar sur 216 avancées scientifiques qui vont avoir un impact à 5, 10 et 25 ans doit permettre de faciliter cet objectif. L'Anticipateur lancé en 2019 par la Confédération, le Canton et la Ville de Genève veut oeuvrer au rapprochement entre tous les acteurs politiques, scientifiques et de la société, y compris la population.

"Nous sommes établis à Genève mais nous travaillons pour un bien commun mondial", a affirmé à la presse son président Peter Brabeck-Letmathe. Avec l'accélération de la science, celle-ci "doit être à la table des discussions" internationales, a renchéri le vice-président de l'entité, l'ancien patron de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) Patrick Aebischer.

Premières solutions en août

"Ce que nous essayons de faire avec le GESDA est nouveau et, par conséquent, difficile", dit aussi de son côté M. Cassis. Selon lui, aucune proposition de diplomatie scientifique n'a été meilleure jusqu'à présent.

Les nombreuses thématiques identifiées dans le radar sont liées à l'intelligence artificielle (IA), à l'augmentation de l'être humain, à la régénération écologique et à la diplomatie scientifique. Parmi ces composantes, les défis vont de la décarbonisation aux innovations technologiques en passant par le génome humain ou les systèmes alimentaires.

"C'est une première étape", selon M. Brabeck-Letmathe. Le radar et la réunion de jeudi à samedi doivent "ouvrir une consultation mondiale".

D'ici 25 ans, parmi les nombreux scénarios anticipés, l'IA devrait faciliter les soins mais aussi étendre les capacités humaines. Plus de 80% des énergies pourraient être renouvelables. Des données devraient pouvoir porter sur les défis dans toutes les zones, y compris celles les plus reculées dans le monde.

Plus de 540 scientifiques suisses et étrangers y ont contribué. Désormais, avec la plateforme publique lancée jeudi, le GESDA veut en faire un outil de démocratisation de la science auprès de la population. De premières solutions seront annoncées en août prochain lors du second sommet de l'institution.

Millions de francs investis

Le radar sera actualisé chaque année avec les apports d'autres scientifiques et des citoyens. Pour ce dialogue, un conseil de sondages numériques est lancé. Avant même ce dispositif, plus de 10 millions de posts sur les réseaux sociaux ont déjà été analysés.

Jusqu'à samedi, le premier sommet de l'entité va porter sur 16 thématiques identifiées dans cet instrument qui pourraient faire avancer les Objectifs du développement durable (ODD) d'ici 2030.

Avec des millions de francs investis, le soutien des autorités au GESDA a déjà été prévu pour trois ans depuis le lancement de celui-ci. Selon son président, pas question de devenir une organisation internationale qui réunirait des centaines d'employés.

Le GESDA devrait continuer de fonctionner avec quelques dizaines de personnes, mais faciliter un dialogue entre des milliers de personnes. "C'est la force du GESDA", ajoute M. Brabeck-Letmathe.

Quelque 900 responsables politiques, scientifiques et représentants du secteur privé ou d'ONG de dizaines de pays sont réunis jusqu'à samedi à Genève ou en ligne. Parmi eux figurent une conseillère du président américain Joe Biden, Alondra Nelson, et le Prix Nobel de physique Didier Queloz. Ou aussi la Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet et d'autres patrons d'entités onusiennes.

ats

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