La Liberté

20.08.2018

Ibrahim Boubacar Keïta, élu président, tend la main à l'opposition

Pour son second mandat, Ibrahim Boubacar Keïta aura en priorité la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 avec l'ex-rébellion à dominante touareg. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
Pour son second mandat, Ibrahim Boubacar Keïta aura en priorité la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 avec l'ex-rébellion à dominante touareg. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA


20.08.2018

Le président malien sortant Ibrahim Boubacar Keïta, officiellement vainqueur de l'élection présidentielle, a tendu la main à l'opposition. Il entamera son deuxième mandat de cinq ans le 4 septembre.

"Je proclame élu" Ibrahim Boubacar Keïta, a déclaré la présidente de la cour constitutionnelle, Manassa Danioko, à l'issue d'une audience publique au cours de laquelle la plus haute juridiction du pays a rejeté toutes les requêtes introduites par le candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé.

M. Keïta, 73 ans, a obtenu 67,16% des suffrages au second tour le 12 août, pour 32,84% à Soumaïla Cissé, un ancien ministre des Finances de 68 ans, a précisé Mme Danioko, en ne retranchant qu'un centième au score du président sortant annoncé par le ministère.

Le scrutin a été émaillé de violences dans le Centre et le Nord, où plusieurs centaines de bureaux de vote n'ont pas pu ouvrir, et la participation n'a pas dépassé 34%.

"Nous rejetons ces résultats"

"Je servirai le Mali selon les principes républicains", a affirmé le président Keïta, dans sa première déclaration après la confirmation de sa victoire. Il a dit "tendre la main" à son "jeune frère" Soumaïla Cissé car "le Mali doit pouvoir compter sur toutes ses filles et tous ses fils".

M. Cissé, qui à la présidentielle de 2013 avait rapidement reconnu sa défaite face à "IBK", avait cette fois rejeté "catégoriquement" les résultats provisoires. Selon ses calculs, il a "remporté cette élection avec 51,75% des suffrages".

"Nous rejetons ces résultats", a déclaré son bras droit, Tiébilé Dramé, après l'arrêt de la cour. "La cour constitutionnelle a rendu un arrêt confirmant la fraude et la manipulation des résultats", a t-il dit au téléphone.

"Elle avait l'occasion de rendre un arrêt se fondant sur la vérité des urnes. Elle a préféré rendre service au régime", elle s'est "inféodée au pouvoir en validant le bourrage d'urnes et le trucage des résultats, sources d'instabilité", a-t-il ajouté, en précisant que M. Cissé s'exprimerait après la grande fête de la "tabaski", comme on appelle en Afrique de l'Ouest l'Aïd el-Kebir, prévue mardi au Mali.

Recours irrecevables ou infondés

La cour a jugé irrecevables ou infondés par manque de preuve les recours introduits par le chef de file de l'opposition. Ce dernier a appelé ses partisans à "résister" au cours d'une manifestation ayant rassemblé samedi à Bamako un bon millier de personnes.

Pour son second mandat, qui débutera le 4 septembre, Ibrahim Boubacar Keïta aura en priorité la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 avec l'ex-rébellion à dominante touareg.

L'accord avait été signé après l'intervention de l'armée française qui, en 2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les djihadistes avaient instauré la charia pendant un an.

Sa mise en oeuvre accumule les contre-temps et n'a pas empêché les violences de se propager du nord vers le centre du pays et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

ats, afp, reu

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