La Liberté

17.01.2019

Il faut manger moins de viande et plus de noix, disent des experts

A défaut de viande rouge, les protéines pourraient provenir de la consommation de noix en tout genre (50 g). Le steak traditionnel (à gauche) pourrait par exemple être remplacé par une alternative à base de plantes (archives). © KEYSTONE/AP/NATI HARNIK
A défaut de viande rouge, les protéines pourraient provenir de la consommation de noix en tout genre (50 g). Le steak traditionnel (à gauche) pourrait par exemple être remplacé par une alternative à base de plantes (archives). © KEYSTONE/AP/NATI HARNIK


17.01.2019

Comment nourrir sainement 10 milliards d'humains d'ici 2050 tout en préservant la planète? En divisant par deux la consommation mondiale de viande rouge et de sucre et en doublant celle des fruits, des légumes et des noix, plaident jeudi des spécialistes.

Pour protéger sa santé et l'environnement, il faudrait selon eux consommer chaque jour en moyenne 300 grammes de légumes, 200 grammes de fruits, 200 grammes de graines entières (riz, blé, maïs, etc.), 250 grammes de lait entier (ou équivalent), mais seulement... 14 grammes de viande rouge, soit dix fois moins qu'un steak de taille classique. Ils préconisent ainsi une "transformation radicale" de nos habitudes alimentaires.

A défaut de viande rouge, les protéines pourraient provenir de la consommation de volaille (29 g), de poisson (28 g), d'oeufs (13 g) voire de noix en tout genre (50 g), préconisent ces experts dans un rapport coréalisé par la revue médicale The Lancet et l'ONG Fondation EAT.

Selon eux, un tel régime permettrait d'éviter environ "11 millions de décès prématurés par an" dans le monde, soit un cinquième du nombre total de morts, alors que la population mondiale atteindra 10 milliards d'individus d'ici 2050.

Adaptable culturellement

Il serait également bon pour la planète, puisque "la production alimentaire mondiale menace la stabilité de notre système climatique et (nos) écosystèmes". "Les régimes alimentaires actuels poussent la Terre au-delà de ses limites et sont source de maladies: ils sont une menace à la fois pour les gens et pour la planète", écrivent les auteurs.

Ce rapport, qui a mobilisé pendant trois ans 37 experts de 16 pays, établit un "régime de santé planétaire". Son but: garantir un "équilibre entre les besoins en matière de santé humaine et les impacts environnementaux". "Cela ne signifie pas que la population mondiale devrait manger exactement le même ensemble d'aliments", soulignent les spécialistes.

Plutôt que définir un régime unique, ils ont fixé des "fourchettes d'ingestions recommandées par groupes d'aliments". Ce "régime complet" pourra être adapté localement selon "la culture, la géographie et la démographie".

Enormes disparités

Au niveau mondial, ce régime passe par "un doublement de la consommation d'aliments sains tels que les fruits, les légumes, les légumineuses et les noix". A l'inverse, il faut "réduire de plus de 50% la consommation d'aliments moins sains, tels que les sucres ajoutés (par exemple dans les sodas, ndlr) et la viande rouge", et éviter les aliments hautement transformés.

Ces objectifs globaux cachent évidemment d'énormes disparités selon le niveau de développement et la culture des pays. A titre d'exemple, la consommation quotidienne moyenne de viande rouge aux Etats-Unis est actuellement évaluée à 280 grammes environ, ce qui impliquerait de la diviser par vingt.

"Plus de 820 millions de personnes n'ont toujours pas accès à suffisamment de nourriture, 2,4 milliards de personnes surconsomment, et au total, environ la moitié de la population mondiale a un régime alimentaire marqué par des carences en nutriments", selon le rapport.

Gaspillage

Au-delà de la façon dont chacun s'alimente, les experts prônent un changement radical dans les modes de production (arrêter de se concentrer sur un faible nombre de culture, limiter l'expansion des terres agricoles qui grignotent les forêts, éviter la surpêche...) Autre impératif selon eux: réduire de moitié le gaspillage alimentaire et les pertes lors du processus de production.

"La façon dont nous mangeons est l'une des causes principales du changement climatique, de la perte de biodiversité et des maladies non-transmissibles" (obésité, maladies cardio-vasculaire, diabète, ndlr), a expliqué à l'AFP l'un des auteurs de l'étude, le professeur Tim Lang, de l'Université de Londres.

"De la même manière que notre système alimentaire a radicalement changé au XXe siècle, nous estimons qu'il doit changer radicalement au XXIe", a-t-il ajouté.

Sans surprise, le rapport a été fraîchement accueilli par l'industrie agroalimentaire. "Il fait des propositions extrêmes pour attirer un maximum d'attention, mais nous devons être plus responsables lorsqu'il s'agit d'établir des recommandations en matière de nutrition", a réagi Alexander Anton, responsable de l'Association laitière européenne.

ats, afp

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