La Liberté

11.04.2021

Il y a 30 ans, d'énormes éboulements marquaient Randa (VS)

La zone des éboulements quelques mois après, en août 1991. © KEYSTONE/STR
La zone des éboulements quelques mois après, en août 1991. © KEYSTONE/STR
Ces catastrophes n'avaient pas fait de victimes. © KEYSTONE/STR
Ces catastrophes n'avaient pas fait de victimes. © KEYSTONE/STR
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11.04.2021

En 1991, quelque 30 millions de mètres cubes se décrochent de la montagne entre Randa et Herbriggen (VS) lors de plusieurs glissements successifs, sans faire de victime. Aujourd'hui, grâce à la technologie, le village est mieux protégé.

Au petit matin du 18 avril 1991, un pan entier de la montagne s'effondre entre Randa et Herbriggen, dans la vallée de la Viège. Des blocs gros comme des maisons tombent et toute la région est ensevelie sous 10 à 20 centimètres de poussière, rapporte alors la police.

Personne n'est blessé par les 22 millions de mètres cubes qui ont dévalé la pente. Trente-cinq moutons et sept chevaux périssent cependant et les 33 bâtiments agricoles ainsi que les maisons de vacances situés dans une partie du village sont détruits.

Une ligne électrique est littéralement soufflée par l'éboulement. Quant au chemin de fer Brigue-Viège-Zermatt, il subit de gros dégâts avec une partie des voies obstruée.

Les écoliers masqués

Quelques jours après, un nouveau glissement de terrain survient, sans impact majeur. Le troisième éboulement, trois semaines plus tard, marque les esprits. "Un nuage dense de poussière recouvrait tout le village, les maisons, les jardins, les voitures. Les enfants devaient porter des masques de protection respiratoire sur le chemin de l'école", se souvient pour Keystone-ATS Daniel Roten, président de Randa.

En plus de la voie ferrée, la route subit des dégâts. Plus tard surviennent de violents orages. Le village est inondé par la Viège une première fois en juin, puis en août, avec une vingtaine de bâtiments sous l'eau jusqu'au premier étage. "Ce sont principalement les dégâts causés par les inondations qui ont marqué la population, note Daniel Roten.

Aujourd'hui, le village et ses quelque 450 habitants sont mieux protégés contre les dangers naturels. La montagne est sous surveillance grâce aux technologies de pointe: capteurs, radars et autres alarmes automatiques. "La montagne bouge toujours un peu, parfois plus, parfois moins", mais depuis de nombreuses années maintenant, c'est calme, constate le président du village.

Le danger du glacier

Le danger aujourd'hui provient plutôt de l'effondrement du glacier, le Bisgletscher. En raison de sa forte déclivité, des ruptures s'y produisent régulièrement.

Le réchauffement du climat a exacerbé le problème, mais le glacier est sous étroite surveillance. "S'il y a une rupture à cet endroit, une alarme est directement déclenchée et la route ainsi que la voie ferrée sont fermées", explique Daniel Roten. Elle est levée automatiquement si l'avalanche ne va pas plus avant dans la vallée.

Le risque d'inondation a également été écarté. Deux ans après la catastrophe, une galerie souterraine de 3,5 kilomètres de long a été achevée, permettant à la Viège de s'écouler en cas de crue.

ats

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