La Liberté

13.06.2020

Jarod Biya veut voler encore plus loin

Jarod Biya veut passer la barre des 8 mètres. Si possible cette année. © Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Jarod Biya veut passer la barre des 8 mètres. Si possible cette année. © Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Jarod Biya, dans le ciel plombé de la Pontaise. © Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Jarod Biya, dans le ciel plombé de la Pontaise. © Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
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13.06.2020

A 20 ans, Jarod Biya fait partie des plus sûrs espoirs de l'athlétisme suisse. Spécialiste de saut en longueur, le Vaudois a battu son record de Suisse M23 fin février avec un bond mesuré à 7m99.

Quelques centimètres de moins que Carl Lewis et quelques-uns de plus qu'Ivan Pedroso, Jarod Biya pourrait être le résultat d'un alliage de pointe entre ces deux grands champions de la discipline. Mais avant de pouvoir marcher dans les traces de ces pointures de la longueur, le Vaudois doit encore se perfectionner.

A 15 ans, le Leysenoud avait déjà effacé les 7 mètres. Cinq ans plus tard, il souhaite bien entendu faire tomber la barre mythique des 8 mètres. Le 29 février à Liévin en salle, le Vaudois est retombé à 7m99 pour améliorer son record de Suisse M23. Son entraîneur Robert Pauget ajoute, non sans une certaine malice, que si l'on prend le centimètre de marge par rapport à la plasticine, Biya tient les 8 mètres.

"Quand j'ai fait mes 7m99, je me suis dit qu'ils auraient pu rajouter un petit centimètre, plaisante le jeune athlète. 8 mètres, c'est quand même un cap. Tu entres dans une autre dimension, tu fais vraiment partie des meilleurs au monde. Mais j'ai encore le temps. Si la saison estivale s'était déroulée normalement, j'aurais certainement pu franchir les 8 mètres. Je les ai dans les jambes. Après il faut toujours les bonnes conditions, la bonne forme. Les 8m27 de Julien Fivaz (réd: le record de Suisse)? Ils sont à battre pour les années prochaines, on verra, je ne me mets pas de pression."

Le rêve Athletissima

Fort de ses excellents résultats du début d'année, Jarod Biya avait décroché sa qualification pour les Championnats d'Europe de Paris qui devaient se tenir au mois d'août après les JO de Tokyo. Crise du COVID-19 oblige, les deux manifestations ont été tracées du calendrier et le Vaudois a dû remettre à l'année prochaine son envie de disputer une grande compétition.

Des regrets, forcément, mais une sagesse déjà bien en place: "Ca casse un peu le rythme, mais c'est pareil pour tout le monde. Pour Paris, j'y ai cru un petit peu vu qu'ils ont tardé avant de les annuler. Je me suis dit qu'ils allaient peut-être garder une compétition pour les athlètes histoire de les garder motivés. Mais il y a tout de même un peu de déception parce que ça allait être mes premiers championnats en catégorie élite."

La reprise des concours n'est pas encore définie. Elle pourrait se tenir fin juillet. "Il faudra encore voir avec mon état de forme", avance prudemment le sauteur. Si cela ne se fait pas fin juillet et si Jacky Delapierre parvient à monter un concours à la longueur début septembre pour une version spéciale d'Athletissima (programmé le 2), Jarod Biya pourrait concourir dans la capitale olympique et ainsi réaliser une partie de son rêve. "C'a toujours été mon rêve de participer à Athletissima, lâche-t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles. Depuis que je suis gamin je viens voir le meeting. Vu mes résultats je me disais que j'avais une chance de le faire, mais je suis un peu triste qu'ils aient dû annuler. Après, s'il y a un rendez-vous similaire, je serai très content de le faire."

Un coach précieux

En attendant d'y voir plus clair dans son programme, Jarod Biya reprend goût à son sport en stade. Son entraîneur Robert Pauget découvre l'un des sautoirs de la Pontaise qui se situe à l'est, afin que ses poulains attaquent la planche avec le vent de face. "Aujourd'hui on entraîne la force, pas la vitesse", précise ce Français qui a coaché Teddy Tamgho, champion du monde de triple saut en 2013.

En compagnie du triple sauteur bâlois Carlos Kouassi, Jarod Biya applique les conseils de son coach: "Ce n'est plus du hasard maintenant. Pour réussir le saut parfait, il faut répéter les bons gestes à l'entraînement. Comme ça une fois en compétition, j'essaie de ne pas trop penser à ça. Sinon ça me perturbe."

Robert Pauget analyse chaque saut et voit tout. La jambe qui ne monte pas assez haut sur la deuxième foulée, le pied pas assez dans l'axe, le corps pas assez droit, l'angle trop élevé lors du saut. Jarod Biya absorbe ces indices telle une éponge. Alors que des sprinters viennent remplir les couloirs de la Pontaise, on en profite pour lui demander ce qui l'a attiré dans le saut en longueur. "Quand je saute, je me sens plus libre, j'ai davantage de temps pour faire mon mouvement, conclut-il. Même si c'est rapide, je me sens à l'aise. On a cette impression de voler en sautant. En sprint ce n'est pas du tout la même chose."

ats

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