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L'armée ukrainienne entre dans Lyman

Un couple boit le thé à Lyman, dans la région de Donetsk, une ville reprise aux Russes par les troupes de Kiev samedi. © KEYSTONE/AP/EVGENIY MALOLETKA
Un couple boit le thé à Lyman, dans la région de Donetsk, une ville reprise aux Russes par les troupes de Kiev samedi. © KEYSTONE/AP/EVGENIY MALOLETKA
Un couple boit le thé à Lyman, dans la région de Donetsk, une ville reprise aux Russes par les troupes de Kiev samedi. © KEYSTONE/AP/EVGENIY MALOLETKA
Un couple boit le thé à Lyman, dans la région de Donetsk, une ville reprise aux Russes par les troupes de Kiev samedi. © KEYSTONE/AP/EVGENIY MALOLETKA


Publié le 01.10.2022
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L'armée ukrainienne est entrée samedi dans Lyman, ville stratégique de l'est de l'Ukraine, dans la région de Donetsk dont l'annexion la veille par Moscou a été fermement condamnée par Kiev et les Occidentaux.

L'annonce a été faite en milieu d'après-midi: "Les forces d'assaut aériennes ukrainiennes entrent dans Lyman, dans la région de Donetsk", a indiqué sur Twitter le ministère ukrainien de la Défense.

Dans une vidéo d'une minute qui accompagne le message, on aperçoit deux soldats ukrainiens agiter puis accrocher le drapeau national bleu clair et jaune à côté du panneau "Lyman", à l'entrée de la ville.

Drapeau ukrainien

"Nous déployons notre drapeau national et le posons sur notre territoire. Lyman fera toujours partie de l'Ukraine", affirme l'un des deux militaires, sourire aux lèvres.

"Menacées de se faire encercler, les troupes alliées ont été retirées de Lyman vers des lignes plus favorables", a de son côté indiqué dans un communiqué le ministère russe de la Défense.

Un peu plus tôt samedi, l'armée ukrainienne avait affirmé avoir "encerclé" plusieurs milliers de soldats russes dans cette ville de la région de Donetsk, annexée vendredi par la Russie. Selon un porte-parole, "environ 5000 à 5500 Russes" étaient retranchés ces derniers jours dans et autour de Lyman, important noeud ferroviaire régional.

Réagissant au retrait russe de la ville, le dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a dénoncé le "népotisme" régnant dans l'armée russe et appelé Moscou à utiliser "des armes nucléaires de faible puissance" en Ukraine, sans tenir "compte de la +communauté occidento-américaine+".

Cour internationale de justice

A la suite de l'annexion de quatre régions ukrainiennes par Moscou, Kiev a annoncé saisir la Cour internationale de justice (CIJ), l'exhortant "à se saisir du dossier le plus vite possible".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussi annoncé qu'il allait "signer la candidature de l'Ukraine en vue d'une adhésion accélérée à l'Otan", une décision soutenue par les Etats-Unis et le Canada.

"Nous soutenons fermement l'entrée dans l'Otan de pays qui souhaitent y adhérer et qui peuvent y apporter leurs capacités", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, tout en rappelant "le processus à suivre" pour les Etats candidats.

Vendredi soir, le président russe Vladimir Poutine avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l'annexion des territoires ukrainiens.

"La victoire sera à nous", a-t-il lancé, micro en main, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert festif sur la place Rouge à Moscou.

"Détention illégale"

Les dirigeants des pays de l'Union européenne ont publié vendredi une déclaration "rejetant" et "condamnant" l'"annexion illégale" des quatre régions ukrainiennes.

Ces annexions rendent "beaucoup plus difficile, impossible, presque, la fin de la guerre", a estimé samedi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, appelant l'Europe à renforcer son arsenal militaire, "c'est nécessaire, indispensable pour la survie".

"La Russie est en train de perdre" la guerre, "elle l'a perdue en termes moraux et politiques", mais "l'Ukraine n'a pas encore gagné", a-t-il jugé.

L'Otan a dénoncé une annexion "illégitime", tandis qu'à New York le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné une résolution condamnant les "pseudo-annexions" en Ukraine, qui a immédiatement été bloquée par un veto de la Russie.

Le président américain Joe Biden a juré que les Etats-Unis et leurs alliés ne se laisseraient pas "intimider" par M. Poutine.

Les récents succès militaires côté ukrainien ont par ailleurs poussé le président russe à décréter une mobilisation "partielle" de centaines de milliers de réservistes civils, pour tenter d'endiguer la dynamique de Kiev.

Le gouvernement ukrainien a fustigé de son côté la "détention illégale" du patron de la centrale nucléaire de Zaporijjia, arrêté pour une raison encore inconnue vendredi par la Russie qui contrôle le site.

24 civils tués

Sur le terrain, 24 civils dont 13 enfants ont été retrouvés morts, tués par balles dans leurs voitures près de Koupiansk, dans le nord-est de l'Ukraine, a indiqué samedi le gouverneur de la région Kharkiv, Oleg Synegoubov. L'AFP avait vu au moins 11 personnes sans vie vendredi sur le site.

Et selon Oleksandr Starukh, chef de l'administration militaire de la région de Zaporijjia, le bilan de la frappe ayant visé vendredi une file de voitures dans le centre de transit de cette ville du sud de l'Ukraine est passé à 31 morts (30 civils et un policier) avec le décès d'une femme blessée.

L'Ukraine a condamné d'autre part la "détention illégale" du directeur général de la centrale nucléaire de Zaporijjia, Igor Mourachov, arrêté pour une raison encore inconnue vendredi par la Russie qui contrôle le site. Kiev a appelé à sa "libération immédiate" face à "un nouvel acte de terrorisme d'État de la part de la Russie".

Selon le patron de l'opérateur nucléaire ukrainien Energoatom, Petro Kotine, M. Mourachov a été interpellé par une "patrouille russe" vers 16h00 locales alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes.

Toujours selon lui, le véhicule transportant le directeur de la centrale a été stoppé et ce dernier a été extrait de la voiture puis "conduit, les yeux bandés, vers une destination inconnue".

Plus de fuite

En Allemagne, un porte-parole de la société exploitant le gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne a indiqué à l'AFP que celui-ci ne fuyait plus sous la mer Baltique.

Les infrastructures Nord Stream 1 et 2, construites pour acheminer le gaz russe en Europe, ont été endommagées par des explosions sous-marines au large d'une île danoise en mer Baltique lundi, provoquant de vastes bouillonnements.

"La pression de l'eau a plus ou moins fermé le gazoduc, de sorte que le gaz qui est à l'intérieur ne peut pas sortir", a déclaré Ulrich Lissek, porte-parole de Nord Stream 2, alors qu'on n'avait pas d'informations samedi soir sur l'état de la fuite de Nord Stream 1.

ats, afp

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