La Liberté

06.07.2018

L'ASF propose d'interdire la binationalité des footballeurs

Granit Xhaka et les autres binationaux de l'équipe de Suisse devront-ils renoncer à l'un de leurs passeports ? © KEYSTONE/EPA/GEORGI LICOVSKI
Granit Xhaka et les autres binationaux de l'équipe de Suisse devront-ils renoncer à l'un de leurs passeports ? © KEYSTONE/EPA/GEORGI LICOVSKI


06.07.2018

Le secrétaire général de l'Association suisse (ASF) Alex Miescher exige que la question de la double nationalité des joueurs de l'équipe nationale soit abordée.

La Suisse doit se demander si elle souhaite à l'avenir interdire les binationaux. En toile de fond, l'affaire de l'aigle bicéphale qui a défrayé la chronique durant la Coupe du monde.

Les gestes jubilatoires de joueurs portant le maillot suisse mais exprimant leur solidarité à l'Albanie et les discussions qui ont suivi, montrent qu'il y a un problème, affirme Alex Mischer lors d'un entretien avec le Tages-Anzeiger. Doit-on demander aux joueurs binationaux de renoncer à leur autre passeport?

C'est ce que propose en tout cas l'ASF vendredi. Et si elle lance cette idée, explique son secrétaire général, c'est qu'elle veut en examiner l'écho auprès de la population. Si tout le monde juge qu'il s'agit d'une idée fumeuse, alors la question sera réglée, explique Alex Miescher. Mais afin d'apaiser les esprits, le sujet doit être abordé.

Dans la plupart des cas, imposer une telle règle ne fera pas plaisir aux joueurs ayant la double nationalité, car cela s'apparente à demander à un enfant dont les parents divorcent de choisir entre sa mère et son père, admet le politicien PLR. Ce serait toutefois libérateur pour beaucoup de joueurs si la décision était prise plus tôt.

Obliger les juniors à choisir

Le PLR de 50 ans explique donc que l'ASF pourrait décider de fermer les portes de ses programmes de soutien aux juniors qui ne renoncent pas à leur double nationalité. Car si aujourd'hui, la Suisse profite de la force de son équipe multiculturelle, il se pourrait aussi qu'à l'avenir, la Suisse ne forme des joueurs que pour d'autres nations, comme cela avait été le cas pour Ivan Rakitic, l'une de stars de l'équipe de Croatie.

Les jeunes talents font de nombreuses promesses, mais certains d'entre eux se décident au final à l'âge de 21 ans pour un autre pays que la Suisse, parce qu'ils y voient plus d'opportunités sur le plan international, dénonce encore le Secrétaire général. "Je trouve choquant que nous n'ayons aucun moyen de pression à ce sujet". Un joueur qui renonce à jouer pour la Suisse après avoir obtenu une formation précieuse et coûteuse aura pris de fait la place d'un autre sportif.

ats

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