La Liberté

15.09.2021

L'inégalité vaccinale va coûter 1500 milliards aux pays moins aisés

La secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) Rebeca Grynspan a débuté son mandat en affichant une volonté d'oeuvrer pour limiter les effets de la pandémie sur davantage de pauvreté dans les différents pays. © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
La secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) Rebeca Grynspan a débuté son mandat en affichant une volonté d'oeuvrer pour limiter les effets de la pandémie sur davantage de pauvreté dans les différents pays. © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
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15.09.2021

L'ONU revoit à la hausse ses prévisions de croissance mondiale pour cette année. Celle-ci devrait atteindre 5,3%, taux le plus élevé en près de 50 ans. Mais l'inégalité vaccinale devrait coûter 1500 milliards de dollars aux pays en développement, dit-elle.

Selon le rapport sur le commerce et le développement publié mercredi à Genève, le soutien gouvernemental mais aussi la vaccination contre le coronavirus expliquent cette situation. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) appelle à étendre les politiques établies pendant la crise.

D'autant plus qu'elle anticipe une croissance moins élevée, à un peu plus de 3,5%, pour l'année prochaine. La perte de revenus cumulée depuis le début de la pandémie atteindra alors 13'000 milliards de dollars.

L'agence onusienne redoute que les pays riches ne considèrent pas suffisamment les effets pour ceux en développement. Les effets sociaux "vont durer de nombreuses années" pour ceux-ci, a dit à la presse la nouvelle secrétaire générale Rebeca Grynspan, qui veut que son institution contribue à éviter davantage de pauvreté après la pandémie dans ces Etats.

Effet de l'inégalité vaccinale sur 10 ans

Selon la CNUCED, le manque de vaccins dans les pays en développement pourrait les affecter pendant dix ans. Ceux-ci seront plus pauvres de 12'000 milliards de dollars d'ici 2025 en raison de la pandémie. Dont 1500 milliards attribués aux différences vaccinales.

L'agence onusienne appelle à nouveau à une suspension provisoire des brevets sur les technologies contre le coronavirus à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à laquelle la Suisse et d'autres pays riches sont opposés. La crise dans les pays en développement a toutefois été moins importante que celle qui aurait pu avoir lieu, insiste le directeur de la division de la mondialisation à la CNUCED, Richard Kozul-Wright.

Et "la relance mondiale après la pandémie doit aller au-delà des dépenses d'urgence et des investissements dans les infrastructures", a déclaré de son côté Mme Grynspan. Seule une réforme permettra de lutter contre les inégalités, ainsi que les crises environnementales et climatique, dit-elle.

Appel à davantage collaborer

Selon l'agence onusienne, un développement équitable ne sera pas possible en cas d'austérité, d'allègement des règles du marché du travail ou d'accords de commerce et d'investissement inégaux. L'économie mondiale resterait alors en difficulté jusqu'en 2030.

Et les pays en développement seraient les plus affectés. Outre une vaccination plus équitable contre le coronavirus, la CNUCED appelle à nouveau à un allègement concerté de la dette, voire une annulation dans certains cas, et une réévaluation du rôle de la politique budgétaire.

Elle demande une plus grande collaboration entre les économies très importantes. Elle estime que la hausse des prix des denrées alimentaires pourrait constituer une menace sérieuse pour les populations vulnérables des pays en développement.

Le commerce international s'est redressé, après un recul de 5,6% l'année dernière. Le ralentissement s'est avéré moins fort que prévu. La CNUCED prévoit cette année une croissance réelle du commerce mondial de 9,5%.

ats

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