La Liberté

27.02.2020

L'ONU appelle à la retenue en Inde après les violences à New Delhi

La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet est inquiète par la législation sur la citoyenneté approuvée récemment en Inde qui a provoqué des violences dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet est inquiète par la législation sur la citoyenneté approuvée récemment en Inde qui a provoqué des violences dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet est inquiète par la législation sur la citoyenneté approuvée récemment en Inde qui a provoqué des violences dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet est inquiète par la législation sur la citoyenneté approuvée récemment en Inde qui a provoqué des violences dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
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27.02.2020

L'ONU est inquiète après les violences intercommunautaires qui ont fait 38 victimes à New Delhi depuis dimanche. Jeudi à Genève, la Haute commissaire aux droits de l'homme de Michelle Bachelet a appelé les dirigeants politiques à "empêcher" de nouveaux affrontements.

Devant le Conseil des droits de l'homme, la Chilienne s'est déclarée préoccupée par les indications reçues sur l'inaction de la police pour faire face aux attaques contre la minorité musulmane. Les violences ont démarré lorsque des groupes hindous se sont opposés à une manifestation de musulmans contre une loi controversée sur la citoyenneté.

Cette législation, approuvée en décembre, a été considérée comme discriminatoire pour les musulmans par ses détracteurs. Elle est "très inquiétante", relève Mme Bachelet qui ajoute que la plupart des manifestations contre ce dispositif ont eu lieu sans violence.

Parmi les autres pays mentionnés dans son discours, elle déplore la détention de milliers de manifestants depuis quelques mois. Les protestations ont fait plus de 450 victimes, selon elle. Celles qui ont eu lieu en novembre en Iran ont abouti à plus de 300 tués et plus de 7000 détentions, selon l'ONU.

Houthis ciblés

Mme Bachelet a aussi répété qu'elle demande un accès sans entrave pour une équipe avancée de son bureau avant d'accepter de se rendre en Chine. Mercredi, l'ambassadeur chinois auprès de l'ONU à Genève Chen Xu avait à nouveau invité la Haute commissaire à venir dans son pays, y compris au Xinjiang, souhaitant son arrivée cette année. De nombreux acteurs dénoncent l'internement de plus d'un million d'Ouïghours dans cette région, alors que Pékin revendique une rééducation de ces personnes.

La Haute commissaire a également appelé à l'Arabie saoudite à saisir le G20 en fin d'année à Ryad pour montrer des "avancées dans l'application de ses obligations internationales" en termes de droits fondamentaux. La Suisse doit participer pour la première fois à ce sommet. Après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi et la détention de femmes activistes, Mme Bachelet souhaite des adaptations législatives saoudiennes pour garantir les libertés fondamentales.

Et en Syrie, au moins 100 civils ont été tués lors de bombardements des forces progouvernementales au nord-ouest seulement pendant la première semaine de février, selon son bureau. Au Yémen, le Haut-Commissariat a pu vérifier 74 victimes civiles depuis début janvier. Mme Bachelet a déploré le refus de rebelles houthis de laisser entrer son représentant dans la capitale et leur a demandé de lui garantir un accès.

Détenus arbitraires au Nicaragua

Après le lancement du gouvernement d'union nationale au Soudan du Sud le week-end dernier, elle veut une élimination de restrictions aux libertés dans ce pays.

Mercredi, le gouvernement sri-lankais avait annoncé qu'il se retirait des engagements pris par les précédentes autorités sur la justice transitionnelle après la guerre civile et qu'il allait lancer une nouvelle commission d'enquête. Mme Bachelet dit ne pas être "convaincue" par cette entité tant les dispositifs nationaux n'ont pas contribué à lutter contre l'impunité.

Au Nicaragua, les violations des droits de l'homme après la répression des manifestations de 2018 continuent, selon elle. Depuis quelques mois, son bureau a reçu des indications sur plus de 100 détentions arbitraires. La Haute commissaire doit s'exprimer dans deux semaines sur le Venezuela. Elle a dit que plus de 130 cas présumés de violations des droits de l'homme de détenus ont été relayés vers un comité conjoint entre le gouvernement et son bureau.

ats

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