La Liberté

18.05.2019

L'ONU craint une «catastrophe humanitaire» à Idleb

Les attaques syriennes et russes visent des territoires contrôlés par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda et d'autres groupes djihadistes dans la province d'Idleb (archives). © KEYSTONE/EPA SANA/SANA HANDOUT
Les attaques syriennes et russes visent des territoires contrôlés par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda et d'autres groupes djihadistes dans la province d'Idleb (archives). © KEYSTONE/EPA SANA/SANA HANDOUT


18.05.2019

L'ONU a sonné l'alarme vendredi sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb, en Syrie, si les violences continuent, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Elle dénonce une "escalade effrayante" et un "cauchemar humanitaire".

"Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités", a déclaré l'Américaine Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les affaires politiques. "On risque la catastrophe humanitaire", a-t-elle averti lors de cette session demandée par la Belgique, l'Allemagne et le Koweït, la deuxième en une semaine.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, le Britannique Mark Lowcock, a lui parlé "d'escalade effrayante", avec de plus en plus de barils d'explosifs largués depuis les airs. Il a également évoqué un "cauchemar humanitaire". "Près de 80'000 personnes n'ont nulle part où aller", "s'abritent dans des champs ou sous des arbres", a-t-il dit.

Ce responsable a indiqué ne pas être en mesure de dire qui sont les responsables des bombardements.

Installations médicales visées

Certains d'entre eux "sont clairement organisés par des gens ayant accès à des armes sophistiquées, incluant une armée de l'air moderne et des armes de précision et intelligentes", a-t-il déclaré, en affirmant que "18 installations médicales ont été touchées" depuis le 28 avril.

"Ni l'armée syrienne ni l'armée russe ne visent des civils ou des installations civiles", a assuré l'ambassadeur de la Russie à l'ONU, Vassily Nebenzia. "Nos cibles sont les terroristes" et "nous réfutons toutes les accusations de violations du droit humanitaire international", a-t-il affirmé.

"Il n'y a pas d'attaque aléatoire contre la population civile", a abondé son homologue syrien, Bashar Ja'afari. "L'offensive en cours ne relève pas de la lutte contre le terrorisme", mais d'une "reconquête" de territoires, a répondu l'ambassadeur français, François Delattre.

Depuis fin avril, les forces syriennes et leurs alliés russes ont intensifié les attaques contre la province d'Idleb (nord-ouest), zone décrétée "de désescalade" depuis septembre, faisant planer la crainte d'une offensive pour reprendre le contrôle de cette dernière enclave tenue par des groupes de djihadistes.

Quelque 3 millions de personnes vivent dans la province d'Idleb dont un million d'enfants.

ats, afp

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