La Liberté

13.09.2018

La dernière guérilla active de Colombie libère six otages

La guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) en Colombie a libéré six otages, trois policiers, un soldat et deux agents contractuels de l'Etat (archives). © KEYSTONE/EPA ELN/ELN HANDOUT
La guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) en Colombie a libéré six otages, trois policiers, un soldat et deux agents contractuels de l'Etat (archives). © KEYSTONE/EPA ELN/ELN HANDOUT


13.09.2018

La guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) a libéré mercredi dans le Choco, sur la côte Pacifique de la Colombie, six otages qu'elle détenait depuis le mois d'août, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"Aujourd'hui (mercredi) dans le Choco, nous avons accompagné la commission humanitaire qui a facilité la libération de six personnes qui étaient aux mains de l'ELN depuis août. Nous sommes heureux qu'elles retrouvent bientôt leurs familles", a annoncé l'organisme international sur Twitter, sans autres détails.

La libération de tous les otages de l'ELN - jusque-là estimés à entre 16 et 18 par les autorités - est une condition posée par le président de droite Ivan Duque pour la reprise des pourparlers avec cette guérilla.

Les otages, trois policiers, un soldat et deux agents contractuels de l'Etat enlevés le 3 août dans le Choco (nord-ouest, frontière du Panama), ont été remis à une commission humanitaire composée de représentants du CICR, de l'Eglise catholique et du Défenseur du peuple, organisme public chargé de la protection des droits humains.

"Conditions inacceptables"

Le commandant Uriel du Front de guerre occidental Omar Gomez de l'ELN, qui avait revendiqué ces enlèvements, a affirmé dans un message transmis à des journalistes que la libération s'était faite "en dépit des difficultés et des obstacles mis par le gouvernement".

Lors de sa prise de fonction le 7 août, M. Duque s'était donné un mois pour décider de la suite des pourparlers avec l'ELN, suspendue sous le précédent gouvernement. Puis, samedi, il avait exigé la libération de tous les otages ainsi que la fin de toute activité criminelle.

La guérilla avait jugé ces conditions "inacceptables". Dans un communiqué publié lundi à La Havane, elle avait estimé qu'en refusant de reconnaître les accords passés sous la présidence de M. Santos et "en imposant unilatéralement des conditions inacceptables, ce gouvernement (...) met fin au processus de dialogue" et avait appelé à une reprise des pourparlers "sans plus d'atermoiements".

"Pas de tromperies"

Elle avait cependant indiqué qu'un "plan unilatéral de remise en liberté" de six personnes - quatre membres des forces de l'ordre et deux civils enlevés dans le Choco, département le plus pauvre de Colombie et frontalier du Panama - était "en préparation", avec l'aide de la Croix-Rouge et de l'Eglise catholique.

De son côté, le gouvernement, par la voix de son Haut-Commissaire pour la paix, Miguel Ceballos, avait dénoncé qu'au cours des 30 derniers jours, l'ELN ait commis 30 "actions armées", dont 28 dans le département d'Arauca, frontalier du Venezuela.

Le président Duque, qui a fait campagne sur une ligne dure à l'égard des guérillas, a assuré avoir "toute la volonté d'aller jusqu'à la démobilisation, le désarmement et la réinsertion de l'ELN, mais pas de tromperies, nous avons besoin de la suspension de toutes les activités criminelles".

Déchirée depuis plus de 50 ans

Inspirée des idées du révolutionnaire Che Guevara et comptant encore quelque 1500 combattants, l'ELN est considérée comme la dernière rébellion du pays depuis l'accord de paix fin 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), aujourd'hui transformées en parti politique sous le même acronyme.

Selon les autorités, l'ELN, née comme les Farc en 1964 d'une insurrection paysanne, se finance grâce au trafic de drogues et à l'extraction minière clandestine.

La Colombie est déchirée depuis plus d'un demi-siècle par une guerre civile qui a impliqué guérillas, paramilitaires d'extrême-droite et forces armées, sur fond de violences des narco-trafiquants, faisant environ huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés.

ats, afp

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